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Colombie : une paix encore fragile

Rapport d'information de MM. Hugues SAURY, co-président, Gilbert-Luc DEVINAZ, co-président, Jean-Marie BOCKEL et Joël GUERRIAU, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées n° 548 (2018-2019) - 5 juin 2019

La Colombie a connu un tournant majeur en 2016 avec la signature, après quatre ans de négociations, d'un accord de paix avec les FARC. Mettant fin à un conflit armé qui a fait près de 270 000 morts, plus de 80 000 disparus et 7 millions de déplacés, cet accord constitue également une feuille de route ambitieuse pour une transformation profonde du pays.

Pourtant, deux ans et demi après sa signature, cet accord de paix traverse un moment critique. Si son application a incontestablement enregistré des avancées, les difficultés tendent à se multiplier : contestation de la juridiction spéciale pour la paix (JEP) par une frange de la classe politique, retards dans la réintégration économique et sociale des ex-combattants, dans la politique de développement rural, difficultés de la lutte contre les cultures illicites...

Par ailleurs, le pays apparaît plus que jamais divisé à son sujet, la polarisation du débat entre ses partisans et ses opposants s'étant accentuée.

Enfin, une évolution préoccupante se fait jour dans les zones auparavant affectées par le conflit, où s'observe une recrudescence des violences des groupes armés illégaux contre les populations civiles et leurs représentants.

A ces nombreux défis s'ajoutent les conséquences de la crise qui secoue le Venezuela, en particulier l'accueil de près d'un million et demi de réfugiés sur le territoire.

La paix en Colombie apparaît bien fragile. Un engagement politique fort, une remobilisation en faveur de l'accord, sont nécessaires pour la consolider

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