Communiqué du 28 juin 2006
Changement climatique et
transition énergétique :
dépasser la crise
Les sénateurs Pierre Laffitte et Claude Saunier ont présenté,
le 27 juin, un rapport à l'Office parlementaire d'évaluation des choix
scientifiques et technologiques (OPECST) sur le thème « Changement
climatique et transition énergétique : dépasser la crise ».
Étudiant les perspectives du modèle énergétique
planétaire en 2030, les sénateurs Laffitte et Saunier avancent les
conclusions suivantes :
- Il
existe à cet horizon un risque réel d'emballement climatique dont
les effets physiques et les conséquences financières sont très
sous-estimés. De 1 % du PIB mondial actuellement, le coût du
changement climatique pourrait être porté à 2,5-3 %.
- La
confrontation d'une offre de pétrole insuffisante et d'une demande
en forte progression, sous la poussée des croissances américaine,
chinoise et indienne, nous promet dès 2020 un choc pétrolier d'une
très forte ampleur qui portera le pétrole à 150 $ le baril et
au-delà. Ce qui correspondra à une ponction supplémentaire de 2 %
sur le PIB des pays consommateurs.
- Il
faut donc, dès maintenant, préparer une transition énergétique qui
nous sera, en tout état de cause, imposée par les événements.
- Les
progrès de la science et de la technologie nous permettent d'assurer
cette transition car les filières de substitution à une consommation
excessive et irraisonnée d'énergie fossile existent ou sont proches
de la maturité de marché.
- La
transition énergétique est une obligation mais c'est aussi une
chance à saisir. Nous y préparer créera des centaines de milliers
d'emploi demain.
- D'où
une série de propositions :
- réinsérer
le facteur climatique dans les règles du commerce international,
- faire
de l'Europe un acteur fort de la transition énergétique,
- préfinancer
cette transition énergétique par des taxes spécifiques dont le
produit sera intégralement dédié à la mise en place des filières énergétiques
nouvelles (solaire, éolien, nouveaux matériaux d'isolation,
biocarburants, hybridation automobile, voiture électrique, etc.). A cet
effet, il est notamment proposé :
-
d'augmenter de 1 % la TIPP pendant 10 ans (à
l'exception de celle portant sur le fuel domestique),
-
de créer une vignette carbone, également applicable aux deux
roues, et modulable en fonction des émissions de CO2 des véhicules,
-
d'instituer une taxe spécifique sur l'usage des
autoroutes pour les transports routiers.
Les 4 à 5 milliards d'euros ainsi dégagés iront à des actions spécifiques
dans les secteurs centraux de consommation d'énergie fossile que
constituent les bâtiments et les transports (recherche, encouragements
fiscaux à l'utilisation de véhicules plus économes et aux économies
d'énergie dans le résidentiel et le tertiaire, bonifications d'intérêts,
création d'un « livret d'épargne logement vert » également
ouvert aux copropriétés, etc.).
- moduler
l'aide de l'État aux collectivités locales en fonction de la
participation de celles-ci à la transition énergétique (politique
d'urbanisme, éclairages publics, bâtiments communaux, flottes
locales de transports publics).
Les rapporteurs présenteront leurs conclusions lors
d'un colloque qui aura lieu le jeudi
29 juin 2006 au Sénat (salle Clemenceau), de 9h45 à 18 heures.
Ce rapport, ainsi que son résumé, sera prochainement
mis en ligne sur le site Internet du sénat :
http://www.senat.fr/opecst/rapports.html
Contact
presse :
Jean-Marc Virieux 01 42 34 28 94
jm.virieux@senat.fr