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Situation de la culture et de la recherche artistique en France

8e législature

Question écrite n° 05221 de M. Louis Longequeue (Haute-Vienne - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 26/03/1987 - page 434

M.Louis Longequeue soumet à M. le ministre de la culture et de la communication ce jugement de M. André Chastel, professeur au Collège de France, sur la situation de la culture et de la recherche artistique en France : " Contrairement à ce qu'on affirme parfois, il n'y a pas de culture artistique dans notre pays, surtout si on compare la situation avec celle de nos voisins européens ou même des Etats-Unis. A niveau social égal, il y a chez eux une connaissance, un intérêt, une jouissance des oeuvres artistiques bien supérieure à ce que vous pouvez observer en France. Nos lacunes sont vertigineuses. Les grandes expositions servent d'écran, d'alibi, elles constituent un rite social, mais derrière c'est le vide... Ce désastre a plusieurs causes dont en partie les insuffisances de l'enseignement à tous les niveaux, du primaire au supérieur. Sans oublier la recherche, où nous perdons pied. Dans dix ans, on ne parlera plus de chercheurs/historiens d'art en France faute d'instruments de travail, d'organisation, de structures d'acceuil pour leurs archives, fichiers et bibliothèques. Il n'y a pas d'institut, de centre où tout cela pourrait être recueilli. Nous en réclamons la création depuis trente ans, en pure perte. Le personnel politique français est au même niveau d'inculture que l'ensemble du pays. Il nous manque quelques grands intellectuels, des parlementaires qui se préoccuperaient du problème. Seul, André Malraux avait fait quelques réalisations décisives et formé des projets dans ce sens, mais il s'était heurté à de formidables forces d'inertie dont celles de l'éducation nationale. Nous avons de bons chercheurs, d'excellents conservateurs de musée, mais tout est éclaté, dispersé, n'appartient ni à une politique cohérente ni à un grand projet culturel. Et si nous n'y prenons garde, la situation actuelle, qui est grave, va devenir irrémédiable. " (Magazine littéraire, mars 1987, p. 145). Il lui demande s'il peut exprimer un avis sur ce jugement.



La question est caduque