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Avenir de la filière fonte lorraine

8e législature

Question écrite n° 05290 de M. Paul Souffrin (Moselle - C)

publiée dans le JO Sénat du 26/03/1987 - page 439

L'application des plans successifs de restructuration de la sidérurgie menace de disparition, à terme, la filière fonte lorraine. Avec l'arrêt de la phase liquide à Longwy et le recours au minerai suédois décidé par Sollac, deux sièges de Lormines sur les quatre qui subsistent actuellement sont en péril et la production lorraine de fonte - 3,3 millions de tonnes en 1986 - risque, dans un avenir proche, d'être réduite de moitié, alors qu'au Luxembourg cette filière fonte est développée. En conséquence, M. Paul Souffrin attire solennellement l'attention de M. le ministre de l'industrie, des P. et T. et du tourisme sur l'intérêt, pour la Lorraine et la France, de préserver cette filière. Il lui demande de préciser quelles mesures il compte prendre pour conforter et développer l'exploitation du minerai de fer et la filière fonte en Lorraine, en particulier par la reprise rapide des recherches concernant la déphosphorisation du minerai.



Réponse du ministère : Industrie

publiée dans le JO Sénat du 03/09/1987 - page 1374

Réponse. -La politique suivie par le Gouvernement dans le domaine de la sidérurgie vise à ce que cette activité redevienne dès que possible une industrie comme les autres, responsable de ses choix, de sa situation financière et indépendante des aides publiques. Dans ce contexte, l'équipe dirigeante commune aux sociétés Usinor et Sacilor, mise en place par le président Francis Mer, depuis sa nomination, a pour mission d'assurer le retour de ces groupes à une situation bénéficiaire. Elle doit donc en particulier assurer l'approvisionnement des usines en matières premières aux prix les plus bas. Les usines situées en Lorraine subissent, par rapport aux usines côtières, un handicap qualitatif en raison du phosphore contenu dans le minerai lorrain. C'est la raison pour laquelle de nombreuses recherches ont été effectuées dans un passé récent pour réaliser la déphosphorisation du minerai ; à ce jour malheureusement, aucune de ces recherches n'a véritablement conduità découvrir un procédé économique susceptible de permettre des investissements industriels rentables. Il est vrai, par ailleurs, qu'une réflexion d'ensemble a été entreprise sur la production de fonte en Lorraine ; son objectif est d'aider à déterminer ce que pourrait être une configuration industrielle qui permette de faire face à la concurrence des producteurs, notamment communautaires, les plus compétitifs. Cette réflexion est donc en cours et n'a conduit à ce jour à aucune décision nouvelle de M. Mer. Il ne faudrait pas oublier en revanche que la décision tout à fait récente de M. Mer de réaliser en Lorraine quelque 500 millions de francs d'investissements nouveaux s'inscrit parfaitement dans la perspective d'une confiance renouvelée dans l'avenir de cette industrie en Lorraine.