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Statut de maître directeur

8e législature

Question écrite n° 05559 de M. Roland Courteau (Aude - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 16/04/1987 - page 558

M. Roland Courteau expose à M. le Premier ministre que bien des instituteurs et directeurs d'écoles publiques s'opposent à la mise en place d'un statut de maître-directeur, et ce pour plusieurs raisons. Depuis des années, et dans de nombreuses écoles, les instituteurs ont essayé de modifier leur façon de travailler afin de mieux harmoniser leur enseignement et l'adapter aux besoins, à la personnalité et aux intérêts de leurs élèves. Il lui indique que cela les a conduits à associer de plus en plus étroitement les parents à la vie de l'école. De même, les directeurs actuels ont déjà donné entière satisfaction, depuis longtemps, au niveau de la gestion administrative de l'école, de l'admission des élèves, des relations avec la famille, des présidences des conseils des maîtres et d'école et de toutes initiatives à prendre dans l'intérêt des enfants. Il lui rappelle qu'une équipe pédagogique, où chacun apporte le meilleur de lui-même, ne peut, de l'avis des principaux intéressés, fonctionner valablement dans une structure hiérarchisée. Introduire un intermédiaire, un unique responsable, le maître-directeur, dans la relation entre parents et enseignants ne peut qu'être préjudiciable à l'enfant et à l'équipe pédagogique. Ainsi les instituteurs voient leur rôle limité à l'apport d'une somme de connaissances. Ils n'ont plus à s'intéresser à la vie de l'enfant et à sa famille. Il lui demande s'il entend, afin de mieux cerner les sentiments de l'ensemble des instituteurs, organiser une consultation sur cette question.

Transmise au ministère : Éducation



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 23/07/1987 - page 1143

Réponse. -La création de l'emploi de maître-directeur résultant des décrets n°s 87-52, 87-53 et 87-54 du 2 février 1987 n'aura pas pour effet de détériorer le climat de travail dans les écoles non plus que de créer des difficultés dans les relations entre parents et enseignants. Il convient d'abord de se rappeler que les maîtres-directeurs sont et resteront des instituteurs. Le processus de choix intégrera la capacité des candidats à conduire et à animer des équipes. Loin d'introduire une rupture dans la communauté éducative, l'action des maîtres-directeurs renforcera sa cohérence. Cette dimension est d'ailleurs prise en compte dans la formation obligatoire de tous les candidats aux fonctions de maître-directeur. De plus, les maîtres-directeurs conserveront des tâches d'enseignement diverses mais qui éviteront un détachement progressif des réalités éducatives. Ainsi les conditions dans lesquelles les maîtres-directeurs seront recrutés et formés et exerceront leurs responsabilités leur permettront-elles d'apporter au travail en équipe dans leur école une impulsion significative. Par ailleurs, le maître-directeur ayant la charge de faciliter une véritable concertation au sein de l'école et les relations de toute l'école avec ses interlocuteurs, il aidera les instituteurs à trouver les collaborations qu'ils peuvent souhaiter. La responsabilité du maître à l'égard de ses élèves n'en sera pas diminuée et la fonction d'interlocuteur privilégié des partenaires de l'école, délégués des parents, élus, qui doit être celle du maître-directeur, ne constituera pas un obstacle aux relations directes, indispensables, entre la famille d'un élève et le maître de sa classe. Il faut, par contre, favoriser ces relations, dans l'intérêt de l'élève et pour une meilleure scolarité lorsqu'elles n'existent pas du fait de l'instituteur. Les projets de textes sur la création d'un emploi de maître-directeur ont donné lieu, dès l'ouverture de ce dossier au ministère, à des consultations syndicales auxquelles il convient d'ajouter les réunions des organes statutaires (comité technique paritaire ministériel et conseil supérieur de la fonction publique). De plus, les représentants des organisations professionnelles des instituteurs ont été systématiquement reçus chaque fois qu'ils en ont fait la demande, et cela constamment au cours de la phase, longue, d'élaboration des décrets. Ainsi les textes ont été largement modifiés pour prendre en compte les observations qui ont pu être faites par les différentes organisations syndicales. Par ailleurs, l'opinion des enseignants concernés par la création de l'emploi de maître-directeur a pu s'exprimer lors de la mise en place des opérations de recrutement. C'est ainsi que, concernant le première liste d'aptitude, les candidatures admises comme recevables représentent selon les académies de 9 à 34 p. 100 des instituteurs pouvant faire acte de candidature, et concernant la deuxième liste d'aptitude, réservée aux directeurs actuellement en fonction, les candidatures admises comme recevables représentent selon les académies de 57 à 85 p. 100 des personnels pouvant faire acte de candidature.