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Bilan d'une étude sur la pluviométrie et les axes cycloniques dans les TOM

8e législature

Question écrite n° 06047 de M. Daniel Millaud (Polynésie française - UC)

publiée dans le JO Sénat du 07/05/1987 - page 684

M.Daniel Millaud demande à M. le ministre des départements et territoires d'outre-mer de bien vouloir lui préciser la suite réservée aux conclusions d'une étude réalisée en 1985 pour le compte de son administration par l'O.R.S.T.O.M., portant sur la pluviométrie et les crues cycloniques dans les territoires d'outre-mer (chap. 68-90, Subventions au F.I.D.E.S.).



Réponse du ministère : Départements et territoires d'Outre-mer (DOM-TOM)

publiée dans le JO Sénat du 13/08/1987 - page 1289

Réponse. -La commission de coordination de la recherche dans les départements et territoires d'Outre-Mer (Cordet) a accordé son soutien à deux programmes de recherches en hydrologie par l'O.R.S.T.O.M. en 1984 et intitulés : étude des intensités, durée, fréquences des averses à Tahiti en fonction de l'altitude et de l'exposition des versants ; étude des crues d'origine cyclonique dans les territoires français du Paficique. Le financement de ces deux études a été fourni, par le ministère des départements et territoires d'Outre-Mer sur les crédits " Recherche-Cordet " disponibles au Fides en 1984 et 1985. La première étude a été réalisée à l'aide du réseau de pluviographes enregistreurs de service de l'équipement de Tahiti : les hauteurs de pluie enregistrées en 1985 et 1986 s'échelonnent de 2 050 millimètres à 10 850 millimètres. Malgré cette énorme variabilité, des règles pratiques d'estimation des intensités maximales des averses sur le pourtour de Tahiti ont été établies. Cette étude a permis d'établir un modèle de probabilités des risques hydrologiques sur les zones aménageables du pourtour de l'île de Tahiti. Les résultats de ces travaux sur les intensités et les fréquences des averses à Tahiti sont publiés dans des séries de notes disponibles à l'Orstom et largement diffusées, ainsi que dans la revue de l'équipement de la Polynésie française. L'Orstom a aussi publié le débit des crues à Tahiti avec les maximums connus, notamment ceux enregistrés lors des dépressions et cyclones Lisa, Reva et Veena. La seconde étude est plus générale ; elle intéresse l'ensemble de la Polynésie et permet des comparaisons avec la Nouvelle-Calédonie et Hawaï. L'analyse des précipitations enregistrées aux Marquises, aux Australes, et dans les régions " au vent " de Tahiti a été effectuée à partir d'un document intitulé " crues et saison cyclonique 1982-1983 en Polynésie française ". Les débits de crue dans l'archipel des Marquises peuvent atteindre 25 mètres cubes seconde par kilomètre carré. Les inondations du 6 mai 1985 dans le village de Taiohae, ont été provoquées par une crue exceptionnelle dont la pointe - 62 mètres cubes seconde par kilomètre carré - a été problablement due à la rupture d'un petit barrage naturel, à la suite d'un orage d'une extrême violence, qui avait précipité 400 millimètres de pluie dans l'après-midi. Le temps de récurrence d'un tel événement a été estimé à cent ans. Les sécheresses récentes observées dans le Sud-Ouest Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu) ont pu être reliées aux fluctuations barométriques de la cellule de hautes pressions du Sud Pacifique au cours des six mois qui précèdent la saison pluvieuse. Les situations météorologiques responsables de ces phénomènes sont associées à des anomalies océaniques (phénomène d'El Ninô). Cette étude, plus fondamentale que la précédente, s'intègre dans un vaste programme international dont les visées à long terme sont la compréhension des variations climatiques régionales.