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Entreprises artisanales de la filière textile-habillement dans le contexte socio-économique des années 1980: bilan d'étude

8e législature

Question écrite n° 06059 de M. Claude Huriet (Meurthe-et-Moselle - UC)

publiée dans le JO Sénat du 07/05/1987 - page 682

M.Claude Huriet demande à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la privatisation, chargé du commerce, de l'artisanat et des services, de bien vouloir lui préciser la suite réservée aux conclusions de l'étude réalisée pour le compte de son administration par la société SAERETE portant sur les entreprises artisanales de la filière textile-habillement dans le nouveau contexte socio-économique des années 1980 (chap. 44-04, Actions économiques en faveur du commerce et de l'artisanat), dont le coût s'est élevé à 162 000 F.



Réponse du ministère : Commerce et artisanat

publiée dans le JO Sénat du 09/07/1987 - page 1081

Réponse. -Mise en oeuvre en 1964, l'étude évoquée fait partie d'un ensemble d'analyses sectorielles lancées en 1982. D'une part, l'action de l'Etat s'est organisée à partir de cette date autour de politiques sectorielles et non plus seulement régionales et locales ; d'autre part, l'insuffisance de la connaissance structurelle des entreprises rendait imprécises les cibles de cette politique. Les modifications des comportements en matière de consommation dans la branche textile (8,4 p. 100 du budget des ménages en 1970 contre 6,2 p. 100 en 1984) sont une des causes de la perte de substance enregistrée dans l'artisanat ; (38 000 entreprises en 1970, moins de 23 000 en 1986). Les évolutions technologiques ont accentué cette tendance et rendent sensible ce sous-secteur de l'artisanat. L'étude a donc essentiellement pour but un bilan économique et technologique de cette activité. Elle met en évidence les traits caractéristiques : c'est une industrie à dominante féminine (55 p. 100 des chefs d'entreprises sont des femmes) ; l'âge moyen est élevé (49 ans contre 44 ans en moyenne), le capital économique mis en oeuvre est faible. Elle décrit plus précisément les modes de consommation, d'organisation de la production et de la distribution. Seuls les secteurs artisanaux de la fabrication de la maille, la confection et l'ennoblissement des tissus tirent relativement leur épingle du jeu. Elle met en évidence les causes principales de cette situation : le vieillissement des entreprises et de leur dirigeant(e) ; la faible capacité de diffusion géographique des produits de ces entreprises ; le manque d'innovation technique et sur le produit ; une crédibilité restreinte auprès des bailleurs et des banquiers face à des paris tenant souvent à la subjectivité de la mode. Elle décrit les réponses stratégiques : faire fabriquer et faire soi-même. Cette hypothèse implique des efforts non seulement de production mais aussi de commercialisation, des investissements en locaux et machines mais aussi des stocks de matière première ; se contenter d'autres façonnages ou sous-traitants, (pas de stock, pas d'effort de créativité). Cette hypothèse implique néanmoins une grande flexibilité des entreprises et une productivité accrue. Les conclusions de cette étude ont donné lieu à des nombreuses présentations auprès des partenaires concernés (organisations consulaires et professionnelles, centre technique et entreprises). Les mesures préconisées (rajeunissement de la profession, formation aux technologies nouvelles) trouvent une part de leur application dans le développement de l'apprentissage. dans les programmes de formation continue (informatique), ainsi que dans le programme d'expérimentation d'automatisation de production en cours de développement (contrat de plan Etat-A.P.C.M.).