Allez au contenu, Allez à la navigation

Usine Arbel-Fauvet-Rails de Saint-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais)

8e législature

Question écrite n° 06561 de M. Jean-Luc Bécart (Pas-de-Calais - C)

publiée dans le JO Sénat du 11/06/1987 - page 908

M.Jean-Luc Bécart attire l'attention de M. le ministre de l'industrie, des P. et T. et du tourisme sur la situation de l'usine Arbel-Fauvet-Rails de Saint-Laurent-Blangy, près d'Arras. Cette usine (ex-Fauvet-Girel) était à la pointe de la production de wagonnage avant d'être absorbée par le groupe Arbel de Douai. Cette opération d'absorption a, jusqu'à présent, entraîné 300 licenciement, sur le site de Blangy. Pour soi-disant sauvegarder des emplois en bassin minier, alors qu'il en supprime en grand nombre 30 kilomètres plus loin, le président-directeur général d'Arbel a eçu de copieuses aides de la région et de l'Etat. Il y a peu, le même président-directeur général déclara publiquement (cf. quotidien régional La Voix du Nord, page économie, du mardi 30 janvier 1987) qu'il avait 250 millions de commandes à réaliser et que cela lui permettrait de, je le cite : " programmer des investissements de modernisation des usines de Lille et d'Arras. Cette dernière unité va, par exemple, bénéficier de la plus grosse commande de ces dernières années dans le domaine des conteneurs citernes en Union soviétique ". L'annonce de cette commande souleva un immense espoir parmi les 170 salariés, encore employés sur le site de Saint-Laurent-Blangy. Aujourd'hui, un représentant de la direction déclare que cette commande ne serait sans doute pas confiée à l'usine d'Arras. En conséquence, il lui demande de lui faire savoir quelles dispositions il compte prendre pour contraindre ce groupe privé (recevant des deniers publics) à respecter ses engagements et quelles mesures il envisage de prendre pour maintenir l'activité " conteneur " à Saint-Laurent-Blangy et garantir l'avenir du site.



Réponse du ministère : Industrie

publiée dans le JO Sénat du 08/10/1987 - page 1600

Réponse. -L'industrie du matériel ferroviaire est confrontée depuis quelques années à la conjonction des trois phénomènes : la récession du marché, l'émergence de nouveaux constructeurs dans les pays à main-d'oeuvre bon marché, l'agressivité commerciale des constructeurs des pays industrialisés sur les marchés d'exportation. Ces difficultés ont conduit les constructeurs français à se regrouper : en 1985 Arbel-Industrie et Fauvet-Girel ont fusionné et rationalisé leurs sites de construction de wagons de marchandises et de locotracteurs et, au début de cette année, Alsthom a acheté la division ferroviaire de Jeumont-Schneider ainsi que ses filiales. Les deux grands constructeurs de wagons de marchandises, Arbel-Fauvet-Rail et A.N.F.-Industrie se partagent les commandes de la S.N.C.F. en diminution constante (actuellement moins de 1 000 wagons par an), ce qui les oblige à exporter pour alimenter leurs plans de charge : en 1986 A.F.R. a exporté 60 p. 100 de sa production, en dépit d'une concurrence internationale très vive. Afin de maintenir la compétitivité de la société, tant sur le marché national qu'à l'exportation, la direction s'est fixé pour stratégie l'adaptation permanente de la capacité de production et des structures à la dimension et aux exigences commerciales des marchés internationaux. C'est donc pour des raisons de rationalisation qu'elle a été amenée à faire étudier la construction à Douai de conteneurs spéciaux pour l'U.R.S.S. Selon les informations fournies aux services du ministère de l'industrie, des P. et T. et du tourisme par la direction de la société, une partie du personnel d'Arras (une centaine de personnes) pourrait participer à leur fabrication à Douai, le transport par autocars (25 kilomètres) étant assuré par l'entreprise. L'activité de fabrication de wagons et citernes routières pour le transport de gaz liquéfié serait maintenue à Arras et continuerait à employer vingt à trente personnes. Des licenciements sont prévus et devraient toucher quarante-cinq personnes.