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Situation de l'usine Vallourec d'Anzin (Nord)

8e législature

Question écrite n° 07148 de M. Guy Allouche (Nord - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 16/07/1987 - page 1112

M.Guy Allouche appelle l'attention de M. le ministre de l'industrie, des P. et T. et du tourisme sur la situation de l'industrie Vallourec située à Anzin. Selon certaines informations, la direction de cette entreprise envisage de façon imminente la fermeture d'un train de laminoir à chaud, provoquant ainsi le licenciement de 850 salariés. Au fil des plans de restructuration de la sidérurgie, le Valenciennois a perdu 30 000 emplois industriels. Cette région connaît aujourd'hui un taux de chômage de 19 p. 100 (23 594 demandeurs d'emploi). Le laminoir de Vallourec à Anzin présente une grande souplesse de fabrication et permet, par sa rapidité, d'obtenir des commandes dans des gammes de produits hors normes. La ville d'Anzin (15 000 habitants - 20,40 p. 100 de taux de chômage) serait déclarée en état de faillite si l'entreprise devait procéder à ces licenciements ; Vallourec à Anzin représente un tiers des ressources fiscales de la municipalité. Par ailleurs, de fortes inquiétudes pèsent à la fois sur la fermeture du laminoir Pélerin de Vallourec à Anzin (1 030 salariés) et sur l'arrêt de l'usine de fabrication de matériel ferroviaire Alsthom Atlantique, à Raismes (1 100 salariés). Cette dernière entreprise dispose d'un savoir-faire reconnu au plan international. Le maintien du site est nécessaire pour faire face à une reprise de la demande ; la concentration de la production sur des usines importantes, par regroupement des activités, priverait le ferroviaire de sa nécessaire souplesse d'adaptation à un marché fluctuant. La décision de fermeture de ces deux sites grèverait lourdement les intérêts nationaux et régionaux, en abandonnant une nouvelle gamme de produits sidérurgiques français, favorisant ainsi la pénétration des marchés étrangers. Le Valenciennois est déjà trop gravement sinistré et ne peut supporter la conséquence de la fermeture de ces deux sites. En conséquence, il demande à monsieur le ministre de
l'industrie, des P. et T. et du tourisme de lui indiquer les mesures que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour éviter cette nouvelle catastrophe économique et le nouveau drame humain qui ne manquerait pas de s'ensuivre.



Réponse du ministère : Industrie

publiée dans le JO Sénat du 25/02/1988 - page 256

Réponse. -La situation de l'emploi dans les établissements de Vallourec à Anzin et d'Alsthom à Raismes, qui est évoquée dans la question, appelle les mises au point suivantes : s'agissant du site d'Anzin, le groupe Vallourec a malheureusement été amené à prendre des mesures particulièrement douloureuses pour adapter ses moyens de production à la réduction persistante de ses débouchés sur le marché des tubes sans soudure. Ainsi, l'arrêt du laminoir à tubes a été décidé, entraînant une réduction très forte des effectifs. Une telle restructuration représentait pour Vallourec un impératif d'un caractère absolument vital, compte tenu des pertes considérables enregistrées par toutes les entreprises de ce secteur en 1985 et 1986, et prévisibles pour 1987. Le ministre de l'industrie, des P. et T. et du tourisme a donc personnellement tenu, en accord avec son collègue le ministre des affaires sociales et de l'emploi, à ce qu'un plan social de caractère exceptionnelsoit mis en oeuvre sur ce site de sorte à éviter tout licenciement. Ainsi, 87 salariés ont bénéficié de préretraites, 118 de mutations internes au sein du groupe, enfin 581 de procédures de départ volontaire ou de congés de formation-conversion. Parallèlement, l'Etat a accru dans la région valenciennoise ses moyens de participer à des opérations visant à faciliter la création de nouveaux emplois. C'est ainsi qu'une partie de la dotation exceptionnelle affectée aux sociétés de conversion sidérurgiques et annoncée par le Premier ministre à l'occasion de son dernier voyage en Lorraine sera disponible pour la région par le canal de la société Sodinor. En ce qui concerne le site de Raismes, Alsthom a été amené à restructurer ses différents sites en raison des problèmes rencontrés : la récession du marché intérieur (la S.N.C.F. et la R.A.T.P. ayant fait de gros efforts d'investissements entre 1965 et 1985), une diminution des marchés solvables à l'exportation et une concurrence de plus en plus vive des entreprises des pays anciennement ou nouvellement industrialisés. Les constructeurs français se sont donc regroupés et, au début de 1987, Alsthom a acheté la division ferroviaire de Jeumont-Schneider et ses filiales. Les différents sites du nouveau groupe ainsi constitué ont des compétences particulières. L'usine de Raismes construit actuellement le métro (Bart) de San Francisco (Etats-Unis) et le matériel interconnexion (M 184) pour la région parisienne. Ces programmes vont bientôt s'achever. Il est malheureusement exact qu'en l'absence de toute nouvelle commande significative, le groupe Alsthom envisage de devoir procéder à des réductions d'effectifs afin de ramener le potentiel de production au niveau de ce qu'il est raisonnable de pouvoir espérer comme plan de charge.