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Situation des marchés régionaux des fruits et légumes

8e législature

Question écrite n° 07949 de M. Louis Minetti (Bouches-du-Rhône - C)

publiée dans le JO Sénat du 08/10/1987 - page 1579

M.Louis Minetti attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture sur la situation préoccupante des marchés régionaux. La mévente dans le secteur des fruits et légumes est très importante. Les cours s'effondrent alors que c'est la pleine production : ainsi le raisin de table Chasselas est à 3,50 francs le kilo ; le raisin de table Muscat est à 3,50 francs le kilo ; le raisin de table Alfonse Lavalée est à 2,50 francs le kilo ; les pommes Golden autour de 1 franc le kilo. Dans certains villages les agriculteurs renoncent à les cueillir. Les prix offerts sont loin de couvrir les coûts de production qui augmentent sans cesse. En outre, les importations de produits divers à des prix concurrentiels envahissent le marché, provoquant cette braderie des produits régionaux. Il demande que soient prises immédiatement les mesures suivantes : arrêt des importations dès les semaines précédant la mise en marché des productions françaises, sans attendre la mise en place de la clause de sauvegarde. Assainir le marché, assurer la remontée des cours ; mise en place, pour chaque produit, d'un prix plancher intracommunautaire tenant compte des coûts de production dans notre pays ; application de mesures conjoncturelles autour des calendriers d'importation par produit, afin de ne pas compromettre la mise en marché des produits français ; la création d'un flux sérieux d'exportation de nos produits telle la pomme.



Réponse du ministère : Agriculture

publiée dans le JO Sénat du 11/02/1988 - page 193

Réponse. -La situation des productions de fruits et légumes a connu diverses difficultés au cours de l'automne 1987. S'agissant des raisins, les conditions climatiques défavorables expliquent en grande partie les problèmes de marché, beaucoup plus que les importations. S'agissant des pommes, l'abondance de la récolte en France et d'une façon générale dans les pays du Sud de l'Europe, rend difficile l'écoulement, malgré un vigoureux courant à l'exportation. Il convient en tout état de cause d'être très prudent dans l'analyse des causes des difficultés rencontrées, et de ne pas les imputer systématiquement aux importations. Le régime des échanges, tant avec les pays de la Communauté qu'avec les pays tiers, est réglementé de façon précise, et il n'est en tout cas pas possible d'arrêter les importations lorsque la production française existe. Nous devons avant toute chose nous attacher à renforcer la compétitivité de nos exploitations, en particulier en diminuant les coûts de production. La conférence annuelle, en juillet 1987, s'est traduite par des décisions importantes concernant la réduction des charges, notamment financières. Par ailleurs, le conseil supérieur d'orientation et de coordination de l'économie agricole et alimentaire doit examiner les problèmes qui connaissent les productions agricoles méditerranéennes et proposer des solutions appropriées.