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Vaccination des bovins contre la fièvre aphteuse

9e législature

Question écrite n° 14194 de M. Roland du Luart (Sarthe - U.R.E.I.)

publiée dans le JO Sénat du 14/03/1991 - page 509

M. Roland du Luart appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la forêt sur la portée de la décision prise à Bruxelles lors du conseil des ministres européens des 25 et 26 juin 1990, visant à mettre fin à l'obligation de vacciner les bovins contre la fièvre aphteuse. Les éleveurs sarthois et, plus généralement, l'ensemble des éleveurs de la filière bovine se sont, à juste raison, émus des risques considérables qui pourraient résulter de cette nouvelle réglementation, chacun connaissant l'extrême gravité de la fiève aphteuse, maladie éminemment contagieuse. Aussi apparaît-il indispensable que des mesures nationales d'accompagnement soient rapidement définies afin de ne pas anéantir les résultats de plusieurs dizaines d'années de prophylaxie qui ont permis aux départements les plus volontaires de présenter un cheptel bovin dans un état sanitaire exemplaire. Il lui est demandé de bien vouloir indiquer les mesures que le Gouvernement entend adopter dans ce sens.



Réponse du ministère : Agriculture

publiée dans le JO Sénat du 11/07/1991 - page 1440

Réponse. - L'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la forêt a été appelée sur la nouvelle politique de lutte contre la fièvre aphteuse, adoptée par le Conseil des ministres de l'agriculture des 25 et 26 juin 1990 qui se traduit notamment par l'arrêt de la vaccination antiaphteuse. Compte tenu de la haute contagiosité de cette maladie, on ne pouvait envisager cette évolution sans mettre en place un dispositif de lutte particulièrement sûr. La France a obtenu satisfaction sur les mesures d'accompagnement communautaires qu'elle avait posées comme préalables à son acceptation et elle met en place les mesures nationales correspondantes. Le virus ne circulant plus sur le territoire national depuis 1981, le risque essentiel d'apparition de foyer est représenté par les importations, la réduction importante du nombre des points d'entrée permettra un contrôle sanitaire plus efficace. Au cas où le virus serait réintroduit, il est indispensable d'en être informé immédiatemment et de réagir très rapidement, c'est la raison pour laquelle dans chaque département, d'une part, le directeur des services vétérinaires dirige un réseau d'alerte auquel participent tous les vétérinaires sanitaires et qui s'appuie sur la permanence assurée par les deux laboratoires chargés du diagnostic et, d'autre part, le préfet prépare un plan d'intervention prêt à être déclenché dès que la maladie est suspectée. En cas de foyer, les animaux des exploitations infectées seront éliminés. La Communauté versera une indemnité égale à 70 p. 100 de la valeur des animaux. Le solde ainsi que les pertes encoururs par les élevages situés autour du foyer seront aussi couverts. Les modalités de cofinancement de ces indemnisations sont en cours de discussion. De plus, une banque nationale d'antigènes destinés à la production de vaccins antiaphteux est créée à Lyon pour parer à toute éventualité. La définition de l'ensemble du dispositif fait l'objet d'une très large concertation au sein de groupes de travail où toutes les familles professionnelles concernées sont représentées. Les projets de loi et de décret, préalablement étudiés lors d'une réunion en date du 24 janvier 1991, ont été proposés au comité consultatif de la santé et de la protection animales le 27 février 1991. Enfin, nos principaux partenaires de la Communauté ayant anticipé la date d'arrêt et compte tenu de l'état d'avancement de la mise en place des dispositions nationales et communautaires, le ministre de l'agriculture et de la forêt a décidé, par arrêté interministériel en date du 29 mars 1991, d'interdire la vaccination antiaphteuse chez toutes les espèces animales afin que l'élevage français ne soit pas pénalisé dans sa vocation exportatrice.