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Financement de centres de culture scientifique et technique de province

9e législature

Question écrite n° 22227 de M. Franck Sérusclat (Rhône - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 23/07/1992 - page 1654

M. Franck Sérusclat attire l'attention de M. le ministre de la recherche et de l'espace sur la faiblesse des crédits destinés aux centres de culture scientifique et technique de province. La curiosité du public pour tout ce qui concerne les sciences et les techniques et plus encore son désir légitime de savoir pour accéder à une authentique citoyenneté rend indispensable le développement de la culture scientifique dans l'ensemble du pays. M. le ministre a clairement manifesté sa volonté de lui faire connaître un essor identique à celui que connaissent les bibliothèques, les centres d'arts plastiques ou les lieux d'apprentissage et de diffusion de la musique depuis plusieurs années. Pour que cette évolution soit possible, il faut que les crédits de l'Etat soient suffisamment incitatifs pour les collectivités locales. Jusqu'à présent, l'Etat a fait porter l'essentiel de son effort sur la création et le fonctionnement de la Cité des sciences et de l'industrie. En conséquence, il lui demande si le moment n'est pas venu de rétablir l'équilibre entre la capitale et les régions sans pour autant diminuer les moyens d'action de la Cité des sciences qui peut être un lieu de ressources pour les centres de culture scientifique régionaux.



Réponse du ministère : Recherche

publiée dans le JO Sénat du 24/09/1992 - page 2197

Réponse. - Les grandes orientations de la politique nationale de recherche et de développement technologique ont toujours souligné l'importance de développer simultanément la culture scientifique et technique sur tout le territoire national. De ce fait, les crédits incitatifs que le ministère de la recherche et de l'espace consacre au développement de la culture scientifique et technique ont toujours été prioritairement et principalement affectés au soutien des actions régionales. Ainsi par exemple en 1992, les crédits alloués au développement de la culture scientifique et technique ont atteint, en loi de finances initiale, près de 56 millions de francs, répartis de la façon suivante : action régionale : 26 MF ; action jeunesse : 9,5 MF ; audiovisuel : 7,8 MF ; salons, manifestations : 5,7 MF ; actions nationales et inernationales : 7 MF. On doit en outre souligner que la quasi-totalité des crédits affectés aux actions jeunesse est fortement régionalisée, sous forme de soutien aux projets d'action éducative (PAE) dans toutes les académies. De même, dans les opérations nationales, une part majoritaire des crédits concerne des associations nationales fortement régionalisée (comme la Fédération nationale des foyers ruraux (FNFR) ou l'Association nationale science technique jeunesse (ANSTJ)) qui constituent une irremplaçable force d'animation aux côtés des établissements de culture scientifique, technique et industrielle. C'est donc bien le développement de la culture scientifique et technique dans l'ensemble du pays qui est visé par la politique mise en oeuvre par le ministère de la recherche et de l'espace. En ce qui concerne plus précisément les centres de culture scientifique et technique régionaux, le soutien apporté à leur création et à leur développement ne s'est jamais démenti depuis plus de dix ans. Ainsi en 1992, dix-sept centres de culture scientifique, technique et industrielle polyvalents ont été soutenus dans quinzerégions. La qualité des réalisations de certains d'entre eux leur confère une audience qui dépasse les frontières de leurs régions d'origine et s'étend parfois à l'international. C'est le cas par exemple des valises-exposition créées par l'Alias dans le Nord - Pas-de-Calais, celles de la Fondation 93 en Ile-de-France, ou les expositions itinérantes de Centres-sciences en région Centre. Le ministère de la recherche et de l'espace a également contribué significativement à la création d'un grand nombre de centres de culture scientifique et technique thématiques, comme Nausicaa à Boulogne-sur-Mer, Océanopolis à Brest, et à la rénovation des musées d'histoire naturelle de province les plus dynamiques (Orléans, Grenoble, Bourges). Ces établissements continuent à bénéficier du soutien du ministère de la recherche et de l'espace ponctuellement pour le développement de leurs projets (notamment les expositions itinérantes qu'ils réalisent). Le dispositif des contrats de planEtat-régions a constitué l'outil privilégié et particulièrement efficace pour le développement de ce réseau des centres de culture scientifique et technique régionaux, pendant les périodes 1984-1988 et 1989-1993, en permettant notamment l'engagement durable des collectivités territoriales sur ces projets. Les contrats de plan devraient à nouveau constituer l'outil privilégié du renforcement de ce réseau pour la période à venir ; la réflexion à leur propos, amorcée en 1991, notamment à travers les livres blancs de la recherche, s'approfondit en 1992 et devrait permettre des négociations début 1993. Ils permettront notamment de prendre en compte la réalisation de nouveaux centres thématiques comme l'Archimium de Saint-Fons sur le thème de la chimie ou Agropolis Museum de Montpellier sur les ressources agricoles et alimentaires. Ils devront surtout permettre une structuration effective de réseaux régionaux et nationaux autour de fonctions clés, que remplissent actuellement en ordre dispersé la plupart des établissements de culture scientifique, technique et industrielle. L'étude conduite en 1992-1993 à l'initiative du ministère de la recherche et de l'espace sur le thème des centres de ressources et de la fonction documentaire par exemple, devrait permettre d'assigner dès 1993 des objectifs précis et quantifiables aux centres de culture scientifique, technique et industrielle polyvalents ou thématiques sur ce sujet. Ce sera également l'occasion d'inciter la Cité des sciences et de l'industrie (CSI) de La Villette à mieux jouer son rôle de centre de ressources national, encore que l'effort dans ce sens soit désormais sensible (coproduction d'expositions itinérantes avec Centre-sciences, diffusion du dispositif des salles d'actualité, large diffusion de savoir-faire acquis avec l'espace enfants et possibilité de duplications par exemple). Le soutien de l'Etat aux centres de culture scientifique et technique régionaux ne devrait donc pas faiblir ; mais devant la multiplication de leur nombre, il faut s'attendre à ce que la part de l'Etat puisse diminuer relativement ; l'intérêt public pour la culture scientifique et technique ayant été largement démontré, notamment à l'occasion de la manifestation nationale " La Science en fête " organisée par le ministère de la recherche et de l'espace les 12, 13 et 14 juin dernier, il appartiendra aux collectivités locales d'en prendre elles aussi une juste mesure. ; prendre en compte la réalisation de nouveaux centres thématiques comme l'Archimium de Saint-Fons sur le thème de la chimie ou Agropolis Museum de Montpellier sur les ressources agricoles et alimentaires. Ils devront surtout permettre une structuration effective de réseaux régionaux et nationaux autour de fonctions clés, que remplissent actuellement en ordre dispersé la plupart des établissements de culture scientifique, technique et industrielle. L'étude conduite en 1992-1993 à l'initiative du ministère de la recherche et de l'espace sur le thème des centres de ressources et de la fonction documentaire par exemple, devrait permettre d'assigner dès 1993 des objectifs précis et quantifiables aux centres de culture scientifique, technique et industrielle polyvalents ou thématiques sur ce sujet. Ce sera également l'occasion d'inciter la Cité des sciences et de l'industrie (CSI) de La Villette à mieux jouer son rôle de centre de ressources national, encore que l'effort dans ce sens soit désormais sensible (coproduction d'expositions itinérantes avec Centre-sciences, diffusion du dispositif des salles d'actualité, large diffusion de savoir-faire acquis avec l'espace enfants et possibilité de duplications par exemple). Le soutien de l'Etat aux centres de culture scientifique et technique régionaux ne devrait donc pas faiblir ; mais devant la multiplication de leur nombre, il faut s'attendre à ce que la part de l'Etat puisse diminuer relativement ; l'intérêt public pour la culture scientifique et technique ayant été largement démontré, notamment à l'occasion de la manifestation nationale " La Science en fête " organisée par le ministère de la recherche et de l'espace les 12, 13 et 14 juin dernier, il appartiendra aux collectivités locales d'en prendre elles aussi une juste mesure.