Question de M. HUGOT Jean-Paul (Maine-et-Loire - RPR) publiée le 03/08/1995

M. Jean-Paul Hugot attire l'attention de Mme le ministre de la santé publique et de l'assurance maladie sur les conséquences très graves qu'engendre actuellement la campagne menée contre la maladie du SIDA, en mettant au premier rang des remèdes le préservatif. Mener la prévention du SIDA en affirmant avec toujours plus d'insistance que le préservatif est le moyen le plus sûr de s'en prémunir, est-ce vraiment prendre en compte les très récentes conclusions auxquelles sont arrivés la Fédération internationale du planning familial, le British Medical Journal (mai 1992), la Société scientifique médicale de l'université du Texas (1993), Le Quotidien du Médecin (no 5276 du 21 octobre 1993) qui tendent toutes, expérimentations et résultats à l'appui, à considérer le préservatif comme une tromperie sur les risques encourus ? Il suffit simplement de rappeler les chiffres de progression de cette maladie pour s'en convaincre, s'il en était besoin. Les raisons de l'échec sont purement mécaniques et sont parfaitement expliquées dans Le Quotidien du Médecin, no 5276. Le vagabondage sexuel des plus jeunes avec les conséquences graves que l'on connaît maintenant est directement lié à la banalisation de l'usage du préservatif, comme le dit fort bien un professeur d'université, dans Le Figaro du 1er avril 1994. Aussi lui demande-t-il de bien vouloir, d'une part, présenter l'avis du ministère au sujet des publications rappelées et, d'autre part, de lui préciser quelles actions seront mises d'urgence en oeuvre pour une réelle campagne de prévention et de responsabilisation contre le SIDA ?

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Réponse du ministère : Santé publique publiée le 14/09/1995

Réponse. - Les actions que mènent les pouvoirs publics dans la lutte contre l'infection par le VIH/sida sont conçues comme des campagnes de prévention et de responsabilisation et l'opinion publique y semble sensible. L'épidémie, dont l'évolution a fait l'objet du rapport que le Gouvernement a déposé sur les bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat en avril dernier, pourrait être enrayée si les messages incitant à la réduction des risques étaient entendus et mis en oeuvre. Or les études publiées à ce jour montrent que, bien utilisé et utilisé systématiquement lors de chaque rapport sexuel entre personnes ignorant leur statut sérologique au regard du VIH ou de statut sérologique différent, le préservatif protège de la contamination par le VIH. La norme technique française qui est applicable aux préservatifs commercialisés en France (norme NF) est une des plus sévères du monde et son application fait l'objet d'un contrôle vigilant de la part des services publics concernés. Parallèlement, des études montrent que des contaminations virales interviennent du fait du non-recours aux préservatifs. Dès lors, en l'état actuel des connaissances, mettre en cause l'efficacité des préservatifs apparaît nuisible à la prévention et pourrait avoir des effets négatifs sur le comportement d'utilisateurs potentiels. La responsabilité du ministre chargé de la santé publique est de faire connaître sans relâche les risques de contamination, les moyens de s'en protéger et de protéger les autres. Tel est en particulier l'objectif de l'action de communication publique lancée cet été. Pour atteindre leur pleine efficacité, les actions de prévention de l'infection par le VIH sont inséparables de l'éducation à la santé.

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