Allez au contenu, Allez à la navigation

Fabrication d'un avion très grand porteur

10e législature

Question écrite n° 14097 de Mme Marie-Claude Beaudeau (Val-d'Oise - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 22/02/1996 - page 378

Mme Marie-Claude Beaudeau attire l'attention de M. le ministre de l'équipement, du logement, des transports et du tourisme sur la position prise par le Gouvernement, relative à la fabrication d'un avion très grand porteur. Elle lui demande de faire le point sur les discussions engagées avec Boeing pour une réflexion commune sur le projet d'un gros porteur de 500 à 600 places. Elle lui demande de lui confirmer que des discussions sont également engagées entre les ministres de France, d'Allemagne, de Grande-Bretagne en faveur d'un très gros porteur conçu par Airbus. Elle lui demande de lui faire connaître le projet de financement d'A3XX d'Airbus.



Réponse du ministère : Équipement

publiée dans le JO Sénat du 11/04/1996 - page 873

Réponse. - Les discussions engagées début 1993 entre Airbus Industrie et Boeing en vue d'étudier la réalisation en commun d'un appareil très gros porteur ont été suspendues à la mi-1995. Il est apparu, en effet, que les approches suivies par les deux constructeurs dans la définition du projet étaient trop divergentes pour pouvoir déboucher sur un programme concret de coopération. En particulier, Boeing souhaitait privilégier la réalisation d'un appareil suffisamment grand afin d'éviter toute concurrence avec les nouvelles versions allongées du B 747 dont il avait entrepris l'examen. Or, les études du marché ont montré que la demande pour un tel avion était limitée et insuffisante pour justifier le lancement d'un programme entièrement nouveau. Il est clair cependant qu'Airbus Industrie ne peut laisser l'entier monopole des avions de plus de 400 places à Boeing. Ce segment du marché est appelé à un développement prometteur par suite de la croissance du trafic et va représenter à l'avenir un enjeu commercial de première importance. Les partenaires du consortium Airbus sont convaincus de cette analyse. Ils poursuivent leurs travaux en vue de définir la meilleure stratégie de produits pour assurer la présence de l'avionneur européen sur ce créneau. En particulier, la taille du gros porteur qu'il conviendrait de lancer fait encore l'objet d'études complémentaires ainsi que l'évaluation des coûts, qui peuvent varier sensiblement suivant la définition du projet. En tout état de cause, les dépenses devraient rester importantes et la réalisation d'un tel programme peut difficilement s'envisager sans l'élargissement de la coopération actuelle et la participation d'un ou plusieurs partenaires nouveaux. Il existe entre les ministres européens chargés du dossier Airbus, qui ont évoqué ce sujet à plusieurs reprises ces derniers temps, notamment lors d'une réunion à Londres le 29 janvier dernier, un concensus assez large sur cette question. Le Gouvernement français, pour sa part, a d'ores et déjà, à l'issue du conseil des ministres du 7 février dernier, clairement annoncé sa volonté de faire en sorte que les industriels français aient la possibilité de mener à bien ce programme dont l'enjeu est fondamental pour l'avenir d'Airbus, donc pour l'industrie aéronautique européenne dans son ensemble.