Allez au contenu, Allez à la navigation

Présence de la France en Asie du Sud-Est

10e législature

Question écrite n° 14818 de M. Nicolas About (Yvelines - RI)

publiée dans le JO Sénat du 04/04/1996 - page 774

M. Nicolas About attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la présence de la France en Asie du Sud-Est. La réussite du sommet Europe-Asie, les 1er et 2 mars derniers à Bangkok, ne doit pas faire oublier notre retard en matière d'investissements qui illustrait jusqu'à présent une malheureuse absence de volonté politique. La Banque mondiale a récemment publié un rapport dans lequel elle estime à 150 milliards de dollars par an, pendant dix ans, les besoins d'investissement en infrastructures dans cette région. De telles opportunités devraient inciter la France à être plus présente et plus dynamique dans ces pays asiatiques. Il est un projet qui mérite que la France s'y intéresse et y apporte une contribution significative, il s'agit de l'aménagement de la vallée du Mékong. Ce chantier s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres et concerne l'ensemble des pays de la péninsule indochinoise. Ce projet est fondamental puisqu'il vise l'aménagement, la gestion équilibrée et partagée des eaux du Mékong, assurant ainsi un développement économique, agricole et écologique harmonieux et répondant aux besoins en alimentation des populations indochinoises. La France et l'Union européenne doivent participer au financement de cet aménagement du Mékong et favoriser les investissements privés dans cette région. La présence française sera d'autant plus appréciée si elle ne se limite pas aux échanges culturels et linguistiques. Elle doit également investir les domaines économiques afin d'accompagner la mutation sociale et industrielle que connaît actuellement l'Asie du Sud-Est. Il demande au Gouvernement ce qu'il entand faire pour développer l'action de la France et de l'Union européenne dans la péninsule indochinoise et les projets qu'il souhaite soutenir concernant l'aménagement du Mékong.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 23/05/1996 - page 1255

Réponse. - L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre des affaires étrangères sur la présence de la France en Asie du Sud-Est et, plus particulièrement, sur sa contribution à l'aménagement de la vallée du Mékong, dans le contexte actuel du renforcement des relations entre l'Europe et l'Asie. C'est essentiellement dans le cadre de la commission du Mékong que la France participe au développement de cette région. En effet, l'ancien comité du Mékong, qui avait été créé en 1957 sous l'égide des Nations unies et avec lequel la France entretenait de longue date une coopération, est devenu en 1995 une organisation régionale, sans lien institutionnel avec le dispositif onusien, sous l'appellation de commission du Mékong. La commission comprend actuellement quatre (Thaïlande, Vietnam, Laos et Cambodge) des six pays riverains du Mékong. Les deux autres (Chine et Birmanie) ont été invités à la rejoindre et y participent pour l'instant en qualité d'observateurs. Consciente des enjeux très importants que représente cette région, sur le plan économique aussi bien que politique, la France a proposé un candidat pour la direction de la Commission. Cette candidature n'ayant finalement pas été retenue, un expert français, qui était affecté auparavant auprès de la Banque mondiale, a été mis à la disposition de la Commission en mars 1996. Ceci devrait faciliter l'identification de coopérations dans les domaines qui nous intéressent, mais également les possibles retombées de financement de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, ces deux institutions envisagent de contribuer au financement du plan de développement du bassin. Nous avons également fait valoir notre intérêt à contribuer à la réflexion de la Commission pour la définition de son plan de développement du bassin, notamment dans les domaines de l'environnement et de la gestion du bassin, et nous avons indiqué notre disponibilité à participer à certains projets. La France participe déjà au financement de deux études de bassin, dont la mise en oeuvre a été confiée à la commission, à travers le fonds fiduciaire mis en place auprès de la Banque asiatique de développement. Toutes ces questions ont été évoquées avec le directeur de la commission du Mékong, lorsqu'il est venu à Paris, le 1er avril dernier. M. Matoba nous a fait part de sa satisfaction pour l'intérêt que la France portait au développement du bassin du Mékong.