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Enseignement des sciences expérimentales

10e législature

Question écrite n° 15381 de M. Robert-Paul Vigouroux (Bouches-du-Rhône - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 02/05/1996 - page 1049

M. Robert-Paul Vigouroux attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les conditions d'enseignement de sciences expérimentales en collège et en particulier des sciences de la vie et de la terre, et la diminution ou disparition de cet enseignement dans les classes des sections techniques, littéraires et économiques des lycées. Il lui indique que, parallèlement, la place occupée par l'ensemble de ce domaine de connaissance prend une importance toujours croissante, tant dans les informations véhiculées par les médias qu'au niveau du citoyen, de la société (éco-citoyenneté et environnement) ou de l'économie (biotechnologies, agroalimentaire). Dès lors, il lui rappelle que la suppression définitive de classes à effectifs réduits pour les travaux pratiques, remettant ainsi en cause l'expérimentation en biologie, élément clé de la réussite des élèves, va à l'encontre de cette évolution, et que c'est la qualité des conditions de travail qui font d'un enseignement scientifique expérimental une composante à part entière de l'enseignement général. Il lui indique également que la mise à la disposition des jeunes des lycées et collèges de moyens modernes de communication et d'apprentissage constitue certes une avancée considérable, mais que, dans le même temps, on supprime les conditions permettant leur utilisation pratique dans l'acquisition de l'apprentissage par les classes aux effectifs trop importants, et leur fonctionnement même puisque l'on supprime de plus en plus de personnels techniques de laboratoires, en particulier en collèges. Il lui demande donc quelle sont les causes de cette relative désaffection de l'enseignement des sciences exéprimentales en collège et en lycée et quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour y remédier.



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 04/07/1996 - page 1666

Réponse. - Les sciences de la vie et de la Terre conservent toute leur place parmi les enseignements dispensés en collège, dont la rénovation se poursuit selon les modalités suivantes. Depuis le début de l'expérimentation collèges, menée en classe de 6e à partir de 1994, puis en classe de 5e en 1995, les équipes éducatives peuvent user de la souplesse de l'organisation des enseignants qui s'inscrit dans l'exercice de l'autonomie des établissements. Le principe d'un horaire-élève inférieur à la dotation affectée à l'équipe enseignante est rappelé dans l'arrêté du 29 mai 1996, publié au Journal officiel du 31 mai 1996, relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de 6e de collège, qui permet d'organiser concrètement cette souplesse. Un contingent horaire est donc disponible et peut ête utilisé par les établissements pour constituer des groupes à effectifs allégés selon la statégie éducative adoptée par l'équipe enseignante et en fonction des objectifs du projet de l'établissement. La circulaire de rentrée 1996 prévoit d'ailleurs explicitement la possibilité dans le cycle d'adaptation de mettre en place les enseignements scientifiques en groupes allégés (par exemple en formant trois groupes par deux divisions). Par ailleurs, la réflexion engagée sur l'organisation future des classes de 5e et de 4e prévoit qu'une large place sera consacrée à la démarche expérimentale dans le cycle central du collège. Dans le cycle terminal de la série scientifique des lycées, les sciences de la vie et de la Terre ont été particulièrement mises en valeur : la très grande majorité des élèves de cette série bénéficie en effet d'un horaire de trois heures en 1re et terminale dont une heure et demie en travaux pratiques. En classe de 1re, l'heure libre de module peut être consacrée à cette discipline sur décision du chef d'établissement après consultation des équipes pédagogiques. Dans cette même classe, une option de sciences expérimentales de trois heures entièrement en travaux pratiques est offerte aux élèves. Pour ceux qui souhaitent se doter d'un profil " sciences de la vie et de la Terre ", cette discipline est offerte en enseignements de spécialité en terminale avec un horaire de deux heures en groupe restreint. A la rentrée 1995, près de 38 p. 100 des élèves ont choisi cet enseignement. En série L, les sciences de la vie et de la Terre font partie des enseignements obligatoires en 1re et terminale dans le cadre de l'enseignement scientifique. Cet enseignement prévoit des dédoublements d'une heure et demie en classe de 1re et d'une heure en classe de terminale. En série ES, l'enseignement scientifique est offert de manière facultative avec un horaire identique à celui de la série L.