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Sécurité des ressortissants français au Tchad

10e législature

Question écrite n° 15486 de Mme Monique Cerisier-ben Guiga (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 09/05/1996 - page 1115

Mme Monique Ben Guiga appelle l'attention de M. le ministre délégué à la coopération sur les agressions subies actuellement au Tchad par les ressortissants français. En effet, les expatriés constituent la cible principale de la petite délinquance sur la voie publique et sont victimes de quatre à cinq agressions par semaine. En dehors des zones urbaines, c'est le phénomène des coupeurs de routes qui devient préoccupant : plusieurs expatriés en ont été victimes l'année précédente. A ces deux facteurs vient s'ajouter un climat d'insécurité spécifique à N'Djamena où, chaque nuit, des échanges de coups de feu ont lieu dans différents quartiers de la capitale. En conséquence, elle lui demande de bien vouloir prendre en compte les inquiétudes des ressortissants installés au Tchad et d'accentuer la coopération avec la police et la gendarmerie tchadiennes.



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 27/06/1996 - page 1587

Réponse. - Un certain climat d'insécurité s'est effectivement développé sur N'Djamena tout au long de l'année 1995 et durant le premier trimestre de 1996. Les premières manifestations de ce phénomène, qui a d'autant plus ému nos ressortissants qu'il rompait avec une longue période de calme à peu près total, ont consisté en des coups de main organisés de jour à la lointaine périphérie de N'Djamena par des individus armés, et à l'occasion desquels des expatriés en villégiature ont été détroussés, mais rarement molestés. Presque simultanément s'est développée à l'intérieur de la ville, et plus spécialement aux endroits les plus fréquentés par la population européenne, une activité de petite délinquance basée sur les vols à la tire. Au début de l'année 1996, l'inquiétude provoquée par la fréquence de ces agressions et l'apparition de vols à main armée aux domiciles de particuliers ont conduit à des démarches réitérées de notre ambassade et des autres représentations diplomatiques auprès du plus haut niveau de l'Etat tchadien afin que des mesures urgentes soient prises pour rétablir l'ordre public. A partir de mars, une réaction efficace de la part des autorités tchadiennes a été constatée. Les principaux fauteurs d'insécurité ont été appréhendés. La vague d'agressions a été très nettement endiguée. Par ailleurs, un appui français visant à la réorganisation et au renforcement de la gendarmerie tchadienne se met actuellement en place. D'autres actions de coopération devraient prochainement intervenir tant auprès des forces de sécurité civiles, pour appuyer leur mission de protection des personnes et des biens et de maintien de l'ordre en zone urbaine et périurbaine de N'Djamena, qu'auprès de la garde nationale pour ces mêmes missions dans les zones nomades du pays. De fait, à l'heure actuelle, quelques bandes éparses de coupeurs de route peuvent encore exercer occasionnellement leurs activités dans les deux départements du Logone et de la Tandjile, sans toutefois que ce phénomène, difficile à circonscrire dans son intégralité, revête une ampleur particulière. Pour sa part, la communauté expatriée de N'Djamena ne semble plus connaître d'inquiétude particulière.