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Subvention des compagnies artistiques spécialisées dans l'animation des marionnettes

10e législature

Question écrite n° 16521 de M. Alain Vasselle (Oise - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 11/07/1996 - page 1711

M. Alain Vasselle attire l'attention de M. le ministre de la culture sur les légitimes préoccupations exprimées par certaines compagnies artistiques spécialisées dans l'animation des marionnettes concernant leur demande de subvention. Certaines d'entre elles, à l'exemple du théâtre municipal de marionnettes picardes à tringles et à fils Ches Cabotans d'Amiens, éprouvent des difficultés à bénéficier des subventions d'aide aux compagnies hors commission en raison de la non-reconnaissance officielle du ministère de la culture. Théâtre créé en 1933, très connu et apprécié dans le monde de la marionnette tant en France qu'à l'étranger, cette structure artistique multiplie ses démarches auprès de la Direction régionale de l'action culturelle (DRAC) Picardie et n'a pu bénéficier jusqu'alors d'aucune aide financière du ministère au motif qu'elle n'entrait dans aucune ligne budgétaire de la direction du théâtre et des spectacles. En conséquence, il le remercie à l'avance de bien vouloir lui indiquer la position ministérielle face à ce délicat problème d'aide financière aux compagnies artistiques spécialisées dans l'animation des marionnettes, d'autant plus que les collectivités locales que sont la région, le département et la ville n'ont pas hésité à faire confiance à cette compagnie par le biais d'un soutien financier, ce que l'Etat n'a jusqu'à présent pas pris l'initiative de faire.



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 07/11/1996 - page 2897

Réponse. - L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre de la culture sur les activités de la compagnie " Ches Cabotans d'Amiens " et, plus généralement, sur les modes de soutien adoptés par l'Etat à l'égard des compagnies spécialisées dans le domaine de la marionnette. S'il n'existe pas de ligne budgétaire spécifique affectée aux seules compagnies de marionnettes, c'est bien parce que le choix a été fait, de longue date, de reconnaître une place à part entière pour les marionnettistes dans le secteur dramatique, leur ouvrant un droit égal aux différents mécanismes d'aide et de distinction mis en place par le Ministère. C'est ainsi, lorsque ces compagnies en font la demande, que leur travail est examiné et apprécié par les comités d'experts nommés par le préfet dans chaque région de France. Les avis de ces comités, relatifs à la qualité des recherches et des réalisations artistiques dans le domaine de la création théâtrale, sont déterminants pour le déclenchement d'une aide au projet, au fonctionnement annuel ou, d'une manière plus rare, pour le conventionnement pluriannuel entre l'Etat et une compagnie. En tant que compagnies théâtrales, les marionnettistes peuvent aussi accéder à l'aide à l'écriture, lorsqu'elles travaillent avec des auteurs dramatiques de grand talent, à l'aide à l'intervention pédagogique lorsqu'elles interviennent régulièrement en milieu scolaire au côté des enseignants, ou encore au soutien de projets d'action culturelle lorsqu'elles participent à des actions dont bénéficient prioritairement des populations éloignées, pour des raisons sociales ou géographiques, de l'offre artistique. Cette attention partagée de l'Etat pour tout le secteur théâtral ne semble pas desservir le monde des marionnettistes. Le ministre pense à Philippe Genty qui est l'un des artistes français qui diffuse le mieux ses spectacles en France et à l'étranger, à la quinzaine de compagnies de marionnettes conventionnées en France dans ce secteur (dont une en Picardie), au théâtre de marionnettes du Chemin creux qui vient d'accéder, à Strasbourg, à la direction de l'un des six centres dramatiques nationaux pour l'enfance et la jeunesse, à l'Ecole et à l'Institut international de la marionnette de Charleville-Mézières qui font référence européenne en la matière, où encore à l'association Themaa, très encouragée par le ministère de la culture dans la mesure ou elle regroupe marionnettistes professionnels et amateurs de France en un espace de réflexions et d'échange d'informations permanents. Dans ce large paysage, la compagnie " Ches Cabotans d'Amiens ", dirigée par Madame Françoise Rose et Monsieur Jacques Auvert, est bien connue des services du ministère. En effet, la direction régionale des affaires culturelles, ainsi que le comité d'experts de Picardie lui reconnaissent un rôle particulier dans le maintien d'une tradition artistique régionale. La direction régionale des affaires culturelles intervient, en conséquence, sur ses crédits déconcentrés depuis 1993, pour soutenir l'action d'animation menée par cette compagnie pendant la saison estivale. Pour 1996, et malgré un contexte budgétaire très difficile, un soutien de l'ordre de 50 000 francs vient d'être accordé au théâtre de Marionnettes Picardes. Le ministre se réjouit par ailleurs que " Ches Cabotans d'Amiens " puisse bénéficier de l'aide des collectivités territoriales et d'un lieu où ses qualités peuvent s'exprimer pour le plus grand plaisir du public de la région Picarde. Le ministre demande enfin à Monsieur Brunsvick, inspecteur général de la création et des enseignements artistiques à la direction du théâtre et des spectacles, de procéder, dans les prochains mois, à une évaluation des activités de cette compagnie, en liaison avec les services de la direction régionale des affaires culturelles. ; général de la création et des enseignements artistiques à la direction du théâtre et des spectacles, de procéder, dans les prochains mois, à une évaluation des activités de cette compagnie, en liaison avec les services de la direction régionale des affaires culturelles.