Allez au contenu, Allez à la navigation

Avenir de la société SOVAB de Batilly (Meurthe-et-Moselle)

10e législature

Question écrite n° 20312 de M. Jean-Marie Rausch (Moselle - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 06/02/1997 - page 335

M. Jean-Marie Rausch attire l'attention de M. le ministre de l'industrie, de la poste et des télécommunications sur l'avenir de la société SOVAB de Batilly (Meurthe-et-Moselle). En effet, il semble maintenant établi que la SOVAB qui effectuait, pour le compte de Renault et de Renault véhicules industriels, la peinture et l'habillage des véhicules utilitaires Trafic et Master, et qui compte 1 500 salariés, n'ait pas été retenue pour la fabrication du véhicule W 83, appelé à les remplacer à l'horizon 2000, et que ce soit l'entreprise Luton, située en Grande-Bretagne, qui ait obtenu ce marché dans le cadre d'un accord passé avec la société General-Motors. Il attire son attention sur le fait qu'une telle décision risque de fragiliser plus encore le tissu industriel lorrain déjà très éprouvé par la crise de la sidérurgie et la perte de plusieurs dizaines de milliers d'emplois. La fabrication du W 83 à la SOVAB de Batilly permettrait de créer plusieurs centaines d'emplois en Lorraine alors que sa construction dans un autre pays d'Europe risque, si l'on n'y prend garde, de lui en faire perdre plusieurs centaines. Il lui demande de bien vouloir faire le point sur ce dossier et de lui faire savoir quelles sont les mesures envisagées afin de permettre à la SOVAB de conserver le même niveau d'activité une fois que sera stoppée la fabrication du Trafic et du Master.



Réponse du ministère : Industrie

publiée dans le JO Sénat du 20/03/1997 - page 885

Réponse. - Renault et General Motors Europe ont signé, le 18 décembre 1996, un accord comportant deux volets : Renault fournira à General Motors Europe le véhicule actuellement vendu par Renault sous le nom de Trafic ainsi qu'un nouveau modèle de 2,8 tonnes à 3,5 tonnes qui est en phase finale de développement. Ce dernier véhicule sera commercialisé tant sous la marque Renault que sous les marques Vauxhall et Opel. Il sera produit à Batilly. D'autre part, les deux constructeurs développeront en commun un utilitaire plus léger (2,5 tonnes à 2,8 tonnes). Ce véhicule, conçu en France, sera produit à Luton en Angleterre. Cette coopération entre Renault et General Motors Europe s'inscrit dans l'évolution que connaît toute l'industrie automobile : la nécessité de réduire ses coûts dans un contexte de concurrence toujours plus intense. Le fait de développer un nouveau modèle de véhicule utilitaire en commun avec un autre constructeur permet de partager les coûts de développement et de les amortir sur des séries plus longues. S'agissant de la répartition de la charge de travail entre les deux constructeurs, cet accord ne va pas entraîner de pertes d'emplois pour Batilly, mais au contraire une augmentation de ces derniers. Batilly devrait, en effet, selon Renault, bénéficier d'un surplus d'activité dès maintenant qui pourrait entraîner la création de l'ordre de 300 emplois. Pour apprécier l'impact global de la coopération entre Renault et General Motors Europe en terme d'emplois, il faut également ajouter les emplois qui seront créés au titre de la conception et de la vente des moteurs qui équiperont le modèle conçu en commun. Ces opérations, qui seront effectuées en France, devraient, selon Renault, concerner 500 emplois supplémentaires. Globalement, cet accord pourrait donc avoir un impact sur 800 emplois en France.