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Conflits au Burundi

10e législature

Question écrite n° 20434 de M. Jacques Legendre (Nord - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 06/02/1997 - page 327

Des informations de plus en plus nombreuses et précises font état de meurtres dont se seraient rendues coupables les forces armées burundaises à l'encontre de civils burundais ou de réfugiés tentant de rentrer au Burundi. M. Jacques Legendre demande à M. le ministre des affaires étrangères s'il est en mesure de confirmer les faits et quelles démarches sont accomplies par la France pour contribuer au rétablissement de la paix dans ce malheureux pays.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 15/05/1997 - page 1468

Réponse. - La crise qui affecte le Burundi, depuis l'assassinat en octobre 1993 de son premier chef d'Etat élu démocratiquement et les massacres qui ont suivi, demeure particulièrement préoccupante. Les déplacements de population qu'elle entraîne, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, sont une source de tension permanente dont les populations civiles sont les premières victimes. A cela s'ajoute la situation générale de la région des Grands Lacs africains qui, depuis la tragédie rwandaise d'avril 1994, connaît une profonde instabilité. La crise qui a éclaté en octobre 1996 dans l'est du Zaïre a de nouveau suscité des mouvements de populations. Sur les 200 000 réfugiés burundais installés dans des camps le long des frontières zaïroises et tanzaniennes, 60 000 environ seraient rentrés dans leur pays dans des conditions qui semblent dans certains cas, avoir été peu conformes aux conventions internationales en vigueur. Le drame auquel se réfère l'honorable parlementaire, qui est survenu le 10 janvier 1997 au poste frontière de Kibero lors du refoulement par la Tanzanie de réfugiés burundais, s'inscrit malheureusement dans un contexte lourd de tensions. Le gouvernement burundais a immédiatement condamné cet acte inadmissible et procédé à l'arrestation des militaires responsables. Face à une situation aussi instable, le retour à la paix civile et la réconciliation nationale au Burundi constituent une priorité. Cette préoccupation est partagée par la communauté internationale, et en particulier par les pays de la région qui se sont de nouveau réunis le 16 avril à Arusha, en Tanzanie. La France, pour sa part, avec ses partenaires de l'Union européenne, ne ménage aucun effort pour souligner auprès de toutes les parties burundaises, sans exclusive, l'importance de mettre fin au cycle de violences dont les populations sont victimes, et de créer un climat propice à la négociation qui doit permettre au Burundi de retrouver la paix et la stabilité.