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Taxe sur la valeur ajoutée dans la restauration

10e législature

Question écrite n° 20539 de M. Jean-Louis Carrère (Landes - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 13/02/1997 - page 427

M. Jean-Louis Carrère appelle l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur les préoccupations des professionnels de la restauration traditionnelle quant aux taux de TVA de 20,6 % qui est appliquée sur leurs prestations. Ceux-ci considèrent que ce taux est préjudiciable à la compétitivité de leurs entreprises eu égard notamment à l'élasticité avérée entre le prix du repas et la demande d'une clientèle soucieuse de limiter ses dépenses en temps de crise. Dans le même ordre d'idée, chacun peut constater que la plupart de nos voisins européens appliquent un taux de TVA réduit en vertu de différentes dérogations à la directive communautaire du 19 octobre 1992, ce qui immanquablement entraîne une distorsion de concurrence dont sont victimes en premier lieu les entreprises françaises avec les répercussions qu'on imagine pour le secteur touristique. La création d'un taux intermédiaire de TVA appliqué à ce secteur serait de nature à conforter l'activité de ces entreprises qui constituent un gisement non négligeable d'emplois. Par ailleurs, à l'occasion des discussions relatives à la directive communautaire précitée, il pourrait être envisagé de faire figurer la restauration au titre des services susceptibles de bénéficier d'un taux réduit. En conséquence, il lui demande son appréciation sur la prise en compte par le Gouvernement de ces revendications soutenues majoritairement par la profession.



Réponse du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 20/03/1997 - page 867

Réponse. - La directive 92/77 du 19 octobre 1992, modifiant la sixième directive TVA, ne permet pas d'appliquer un taux de TVA autre que le taux normal aux ventes à consommer sur place. Le fait que la restauration ne figure pas sur la liste des biens et services pouvant bénéficier du taux réduit ne résulte pas d'une demande du Gouvernement français, mais traduit la volonté des Etats membres de réserver l'application de ce taux aux produits de première nécessité ainsi qu'aux biens et services répondant à un objectif de politique sociale ou culturelle. Seuls les Etats membres qui, au 1er janvier 1991, appliquaient à la restauration un taux réduit ont été autorisés à le maintenir à titre transitoire. En revanche, les pays qui, comme la France, appliquaient à cette date le taux normal de TVA ne peuvent pas appliquer un taux réduit. Cela étant, il est rappelé que l'Allemagne, la Belgique, la Finlande, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suède appliquent aux opérations de vente à consommer sur place des taux de TVA compris entre 15 et 25 %. Il n'y a donc pas d'exception française dans ce domaine. En outre, une modification de la directive ne peut s'effectuer qu'à l'initiative de la commission et requiert, s'agissant de la fiscalité, l'unanimité des Etats membres. Par ailleurs, l'application du taux réduit présenterait un coût budgétaire supérieur à 20 milliards de francs par an qui n'est pas compatible avec les efforts entrepris pour réduire les déficits publics. Cela étant, le Gouvernement est très attentif à la situation du secteur de la restauration dont la place dans la vie économique de notre pays et l'importance pour l'emploi sont reconnues. Il ne méconnaît pas que l'application dans ce secteur de taux de TVA différents est susceptible d'induire des distorsions de concurrence. C'est pourquoi le Premier ministre a confié au ministre de l'économie et des finances, en liaison avec le ministre de l'équipement, du logement, des transports et du tourisme et le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce et de l'artisanat, le soin d'organiser, dans le prolongement du rapport élaboré l'été dernier par M. Salustro, une table ronde associant les professionnels et les départements ministériels concernés, consacrée notamment aux règles de TVA applicables dans le secteur de la restauration. La réflexion méritera également d'être approfondie sur d'autres aspects, tels que les conditions d'accès aux cantines d'entreprises.