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Téléphones portables

10e législature

Question écrite n° 22439 de M. Philippe Darniche (Vendée - NI)

publiée dans le JO Sénat du 22/05/1997 - page 1508

M. Philippe Darniche appelle l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé et à la sécurité sociale sur une récente étude scientifique démontrant les dangers des téléphones portables sur les souris. Menée par une équipe australienne, cette expérience médicale montre clairement que les fréquences radio émises par ces appareils ont un effet cancérogène sur les souris. Depuis l'apparition des téléphones portables, plusieurs études ont ainsi été lancées pour déterminer si l'utilisation des téléphones mobiles peut causer des troubles malins allant, selon certains spécialistes, des pertes de mémoire aux cancers, du cerveau notamment. Pour mener à bien leur étude, publiée dans la revue américaine Radiation Research, les chercheurs du Royal Adélaïde Hospital dirigés par le docteur Michaël Repacholi - qui collabore également au bureau santé et environnement de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - ont génétiquement " programmé " 202 souris afin qu'elles développent une forme de cancer, le lymphome. Selon le professeur John Moulder, spécialiste en la matière au Collège médical de Milwaukee dans le Wisconsin, " c'est la première fois qu'est apportée une preuve de l'effet cancérogène des fréquences radio sur l'animal ". L'OMS a donc décidé d'entreprendre une vaste étude internationale sur le portable et ses éventuels méfaits. Le programme a été doté d'un budget de 3,3 millions de dollars sur cinq ans et doit répondre aux préoccupations croissantes des consommateurs et des gouvernements sur les éventuels dangers de ces appareils, dont le nombre est estimé à quelque cent millions dans le monde. Pour rappels, à la fin de l'année 1996, en Suède et en Norvège, une autre enquête a également été entreprise : 17 000 personnes utilisant régulièrement des téléphones mobiles ont ainsi reçu un questionnaire détaillé à ce sujet. Menée avec les télécoms norvégiens, elle est destinée à déceler d'éventuels effets des hautes fréquences électro-magnétiques émises par les téléphones mobiles. Il est à observer que de plus en plus d'utilisateurs se sont plaints de symptômes qu'ils associent à l'emploi du téléphone mobile : maux de tête, migraines, fourmillements sur la peau, bouffées de chaleur, vertiges et fatigue. Il souhaiterait donc connaître sa position à ce sujet et savoir si les pouvoirs publics français, et plus particulièrement l'entreprise France Télécom, ont fait entreprendre des études scientifiques similaires afin d'être définitivement rassuré sur les éventuelles influences malignes des fréquences radio émises par les téléphones portables sur l'homme.



La question est caduque