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Enfants dyslexiques et dysphasiques

11e législature

Question écrite n° 00902 de M. Ivan Renar (Nord - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 03/07/1997 - page 1805

M. Ivan Renar attire l'attention de Mme le ministre délégué chargé de l'enseignement scolaire sur la situation des enfants dyslexiques et dysphasiques. En effet, on estime à environ 1 million le nombre d'enfants qui souffrent de troubles du langage écrit, la dyslexie ou du langage oral, la dysphasie. Cette situation les empêche de suivre une scolarité normale. Pire même, l'absence de structures spécifiques d'enseignement pouvant leur offrir une pédagogie adaptée peut faire évoluer rapidement ce trouble vers l'illetrisme. Les troubles du langage sont connus médicalement et peuvent être soignés grâce à un enseignement adapté accompagné par une rééducation ortophonique. Malheureusement, les quelques classes spécifiques existant en France sont insuffisantes et ne répondent pas suffisamment au problème posé. Les associations s'occupant des enfants atteints de ces troubles du langage ont émis plusieurs propositions visant à la reconnaissance effective des troubles spécifiques du langage et des apprentissages dans les textes législatifs et réglementaires qui traitent de la prise en charge de la scolarisation des enfants. Pour cela ils demandent : l'élaboration d'un rapport de l'inspection générale des affaires sociales permettant d'évaluer précisément le nombre de personnes concernées et les besoins en structures ; la mise en place d'un dépistage systématique dès la maternelle et au cours de la scolarité ; une meilleure coordination entre l'éducation nationale et le service de la santé par : a) la modification de la circulaire no 91-304 du 18 novembre 1991 - Education nationale - Ecoles afin de permettre la création de classes spécialisées " troubles spécifiques du langage et des apprentissages " (CLIS et collège) au sein de l'éducation nationale ; b) la modification du décret no 89-798 du 27 octobre 1989 définissant les structures d'accompagnement et de prise en charge, à caractère sanitaire et social ; c) une formation appropriée de tous les professionnels intervenant dans le diagnostic et le suivi des enfants (enseignants, médecins généralistes, médecins scolaires, pédiatres, psychologues). En conséquences, il lui demande les réponses qu'elle compte apporter à ces demandes.



Réponse du ministère : Enseignement scolaire

publiée dans le JO Sénat du 18/09/1997 - page 2471

Réponse. - La ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire réserve une attention toute particulière à la situation des enfants et notamment à ceux qui éprouvent des difficultés d'apprentissage du langage oral et écrit. En particulier, il a été décidé de renforcer la mission de l'école maternelle pour l'apprentissage du langage. Un certain nombre de mesures en faveur de ces élèves et plus particulièrement une sensibilisation des enseignants aux problèmes des enfants dyslexiques existent, afin de favoriser un dépistage précoce des éléments révélateurs des troubles des apprentissages nécessitant un diagnostic et une pédagogie différenciée adaptée aux besoins de ces élèves. A l'heure actuelle, la scolarisation de ces enfants est prise en charge en milieu ordinaire. Toutefois, ils bénéficient parallèlement d'aides particulières apportées par des maîtres spécialisés intervenant au sein de réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED). En matière de formation des enseignants, deux options du certificat d'aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d'adaption et d'intégration scolaires (CAPSAIS) comprennent dans leur programme, l'une la problématique des apprentissages (optiton E : enseignants spécialisés chargés de l'enseignement et de l'aide pédagogique auprès des enfants en difficulté à l'école préélémentaire et élémentaire), et l'autre des informations sur le dysfonctionnement du langage oral et écrit et notamment sur le problème des dyslexies-dysorthographies (option G : enseignants spécialisés chargés de rééducation). Le centre national d'études et de formation de Suresnes organise régulièrement des stages de formation destinés aux personnels concernés par la situation de ces enfants. Enfin, la ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire attend avec intérêt les résultats des travaux du groupe de travail sur les troubles du langage qui a été constitué dans le cadre du centre technique national d'études et de recherches sur les handicaps et inadaptations (CTNERHI).