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Soutien de la filière géranium à la Réunion

11e législature

Question écrite n° 01155 de M. Pierre Lagourgue (La Réunion - UC)

publiée dans le JO Sénat du 10/07/1997 - page 1854

M. Pierre Lagourgue attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur la baisse inquiétante de la production de géranium à la Réunion. Fortement ancrée dans le patrimoine réunionnais, la culture du géranium est cependant en constante régression : la production d'essence a chuté de 25,3 tonnes en 1991 à 4,1 tonnes l'an dernier. Cette diminution est certes liée à la réduction des surfaces plantées (250 hectares contre plus de 1 000 il y a quelques années) mais également au découragement des planteurs qui ne sont plus que 350 dans l'île. Premier producteur mondial d'essence de géranium jusqu'à la fin des années soixante - grâce à la qualité unanimement reconnue de son essence - la Réunion a souffert de l'irrégularité de son offre, en raison des conditions climatiques souvent difficiles, et surtout du faible coût de la main-d'oeuvre de pays concurrents tels que la Chine et l'Egypte. Ce département ne satisfait désormais qu'un peu plus de 1 % du marché mondial, alors que son potentiel pourrait atteindre 10 %. La culture du géranium à la Réunion constituant à la fois un facteur d'équilibre dans l'aménagement du territoire et un facteur de cohésion sociale par le maintien de la population dans les hauts de l'île, il lui demande en conséquence de bien vouloir lui indiquer les moyens qu'il envisage de mettre en oeuvre pour soutenir et développer cette filière.



Réponse du ministère : Agriculture

publiée dans le JO Sénat du 16/10/1997 - page 2795

Réponse. - La production de géranium à la Réunion a fortement chuté depuis dix ans. Cette diminution s'explique notamment par la baisse des prix et par le désengagement des planteurs. Conscientes de l'importance économique et sociale de cette production, particulièrement dans les hauts de l'île, les autorités françaises, en liaison avec les professionnels du secteur, ont retenu les orientations stratégiques suivantes : mise en place d'une politique de soutien des prix ; relance de la production, notamment par une amélioration de l'encadrement technique des producteurs. Ces orientations se sont concrétisées, d'une part, par l'adoption d'un règlement communautaire fixant une aide à la production d'huiles essentielles de géranium et de vétyver et, d'autre part, la mise en oeuvre d'actions spécifiques structurelles. Ainsi, le règlement-cadre agricole POSEIDOM modifié (CE) no 2598/95 du Conseil du 30 octobre 1995 prévoit une aide de 44,68 écus par kilogramme d'huile essentielle de géranium dans la limite de 30 tonnes. La mise en oeuvre de cette aide est effective depuis juin 1997 avec effets rétroactifs sur la campagne 1996. Dans ces conditions, le prix payé aux producteurs est porté de 500 francs à 795 francs par kilogramme. Par ailleurs, dans le cadre de l'opération groupée d'aménagement foncier des " Hauts de l'Ouest " et le programme sectoriel de la filière plantes à parfum à la Réunion, l'Etat participe au financement de mesures ayant pour objet de relancer la production de géranium : aide à la remise en état des plantations de géranium, appui technique aux producteurs, amélioration des itinéraires techniques...