Allez au contenu, Allez à la navigation

Principe d'égalité des chances d'accès aux grandes écoles

11e législature

Question écrite n° 04590 de M. André Maman (Français établis hors de France - NI)

publiée dans le JO Sénat du 27/11/1997 - page 3257

M. André Maman appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur l'inégalité croissante du recrutement de nos élites. Il lui rappelle, en effet, que, depuis le milieu des années cinquante, la proportion d'élèves des grandes écoles qui sont d'origine populaire a chuté de 30 à 10 %. Aujourd'hui, un jeune élève de classe préparatoire, dont les parents sont ouvriers ou employés, a vingt-trois fois moins de chances de réussir le concours d'entrée à l'une des quatre meilleures grandes écoles françaises que ses concurrents, enfants de cadres ou d'enseignants. Ainsi, le recrutement social des élites paraît très étroit, et bat en brêche, par là même, le principe d'égalité des chances placé au centre de notre système d'éducation. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui indiquer ce que son ministère entend initier, afin de freiner, sinon d'inverser, cette tendance qui caractérise le recrutement de nos élites.



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 16/04/1998 - page 1241

Réponse. - La démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur et, notamment, aux grandes écoles constitue une des priorités du Gouvernement. Une étude à ce sujet est actuellement en cours menée par l'administration centrale du ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie. Ses conclusions seront connues dans quelques semaines. Sur la base de celles-ci, les mesures nécessaires seront prises pour permettre une démocratisation effective. En tout état de cause, plusieurs pistes sont envisagées telle que la réforme des aides aux étudiants, 20 % des élèves des classes préparatoires sont boursiers de l'Etat, ou le regroupement des concours et la diminution du nombre d'épreuves qu'ils comportent, entraînant ainsi une diminution des frais d'inscription. D'ores et déjà différentes instructions de cadrage ont été adressées aux services organisateurs de concours. Il convient de remarquer que la démocratisation doit également se situer en amont, c'est-à-dire dans les lycées. Un colloque sur les savoirs au lycée donne lieu en ce moment même à une enquête auprès des lycéens et de l'ensemble des enseignants. Au vu des résultats de celle-ci un comité d'experts, présidé par M. le professeur Edgar-Morin, fera des propositions au ministre sur les enseignements du lycée. Enfin, le rôle de l'information et de l'orientation à la charnière du lycée et de l'enseignement supérieur doit également être pris en compte. L'effort particulier entrepris pour diffuser très largement auprès de l'ensemble des élèves une information précise sur les formations postbaccalauréat sera poursuivi. Il s'agit notamment de faire reculer les inégalités existant dans l'accès à l'information entre les jeunes issus de milieux différents, dont certains n'ont pas de tradition familiale dans l'enseignement supérieur. Aujourd'hui, un certain nombre de bacheliers renoncent à leur admission en CPGE par crainte de l'échec, et s'inscrivent à l'université alors même que cette orientation n'est pas conforme à leurs aspirations. Le développement des filières techniques, d'une part, des passerelles entre les CPGE et les formations universitaires, d'autre part, en offrant aux jeunes la possibilité de se réorienter en cours d'études, devrait contribuer à rendre les parcours de formations conformes à la fois aux attentes et aux souhaits des étudiants et aux besoins de l'économie.