Question de M. DUSSAUT Bernard (Gironde - SOC) publiée le 29/01/1998

M. Bernard Dussaut se permet d'appeler à nouveau l'attention de Mme le ministre délégué chargé de l'enseignement scolaire sur les enfants en difficulté d'apprentissage du langage oral et écrit. Se félicitant de l'intérêt qu'elle porte à ces enfants, il lui rappelle toutefois que la formation du corps enseignant par des spécialistes connaissant bien les troubles du développement de l'enfant est indispensable. En effet, un grand nombre de dyslexiques intelligents, dépistés tard, commencent une rééducation orthophonique entre 9 et 12 ans. En classe de 6e et 5e, ils accusent un retard de deux ans minimum sans avoir toujours pu atteindre le niveau moyen de la classe, particulièrement en français. Il se peut qu'alors, au regard de leur âge, la décision d'une commission les conduise vers un SEGPA (section d'enseignement général et professionnel adapté), classe accueillant des élèves présentant une déficience intellectuelle légère. Ils n'y ont pas leur place et perdent alors le bénéfice des efforts fournis en cours de leur rééducation. La prise en compte plus précoce de leurs difficultés spécifiques aurait éviter cette orientation. Il lui demande si elle estime pouvoir donner au corps enseignant les moyens d'être réellement formé.

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Réponse du ministère : Enseignement scolaire publiée le 07/05/1998

Réponse. - Le souci de la réussite de tous les élèves dans le domaine déterminant de la maîtrise de la langue orale et écrite se traduit par la mise en place de mesures convergentes qui concernent la formation initiale, la formation continue et l'aide aux maîtres au cours d'animations et de conseils pédagogiques individualisés : 1o compte tenu du rôle de dépistage précoce des difficultés, l'accent est actuellement mis sur l'école maternelle en renforçant la formation des corps d'inspection et de leurs conseillers pédagogiques pour développer l'aide individualisée aux maîtres sur les questions de prévention et de remédiation des difficultés dans la langue orale et écrite, et en développant la formation initiale des futurs professeurs des écoles sur la gestion de la diversité des publics et l'enseignement de la langue aux élèves de deux à six ans ; 2o pour que les enfants en difficulté puissent bénéficier, à l'école, des aides adaptées, un effort conséquent est accompli cette année pour augmenter le nombre d'enseignants spécialisés des réseaux d'aide et améliorer leur formation. Les enseignants interviennent en complément du maître en cas de difficultés avérées sous la forme de prises en charge individuelles, voire de rééducations. Tous les IUFM offrent cette année des formations pour les maîtres spécialisés ; 3o pour que, dans chaque département, se dessine une stratégie de pilotage d'actions visant l'amélioration de l'apprentissage de la langue, des coordinateurs départementaux " maîtrise de la langue " ont été désignés. Ils définissent un projet départemental dans ce domaine et impulsent des actions de formation. Des documents ont été élaborés à leur intention qui leur seront prochainement diffusés ; 4o pour que les maîtres en exercice puissent améliorer leurs compétences, la maîtrise de la langue a été donnée comme priorité de la formation continue du 1er degré pour une période de trois ans. En appui, le plan national de formation des formateurs développe des actions nationales qui sont ensuite démultipliées dans chaque académie ; 5o pour que les actions de terrain puissent prendre appui sur les résultats de la recherche, l'Observatoire national de la lecture a produit une synthèse sur les données relatives à l'apprentissage de la langue orale et écrite, assortie de conseils pédagogiques. Le document est en cours de publication.

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