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Habitants de Grand Galet à Saint-Joseph (la Réunion)

11e législature

Question écrite n° 11178 de M. Edmond Lauret (La Réunion - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 08/10/1998 - page 3161

M. Edmond Lauret attire l'attention de M. le ministre de l'équipement, des transports et du logement sur la situation dans laquelle se trouvent les habitants de Grand Galet à Saint-Joseph (Ile de la Réunion). Ils paient leurs taxes foncières, voient autour d'eux diverses réalisations naître (écoles, routes, électricité, eau) grâce aux fonds publics, mais ils se heurtent à l'intransigeance des pouvoirs publics. En effet, on leur interdit de s'installer normalement sur ce site, sous prétexte qu'il s'agit d'une zone à risque (alors que plusieurs grandes zones de l'île sont aussi dans cette situation : la Plaine des Cafres avec le volcan, Salazie, la Route du Littoral, etc.). Ces personnes se voient donc contraintes à l'exode rural. Il lui demande de trouver une formule pour que ces familles restent à Grand Galet, puissent améliorer leur habitat et en devenir propriétaires.

Transmise au ministère : Aménagement du territoire



Réponse du ministère : Aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 10/02/2000 - page 514

Réponse. - La ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement a pris connaissance, avec intérêt, de la question relative à la situation des habitants du secteur de Grand Galet dans la commune de Saint-Joseph. Ce site est soumis à des risques naturels très importants, d'ordre hydraulique et géologique. En effet, les habitations située sur le plateau de Grand Galet sont exposées aux débordements par les eaux de la Grande Ravine et au recul de la berge de la ravine Grand-Coude. De plus, il existe des risques de glissements de terrain sur les bordures aval du plateau de Grand Galet. Ces risques ont en particulier été mis en évidence lors du passage du cyclone Firinga en janvier 1989. La rivière Langevin est sortie de son lit en amont et au droit de Grand Galet. A ces débordements, se sont ajoutés les eaux d'une ravine secondaire issue de Grand Coude. Des débits d'eau importants ont alors emprunté la route traversant la zone habitée, environ un mètre d'eau ayant été relevé sur la chaussée avec des vitesses impressionnantes dues à la forte pente. Toute la route goudronnée a été emportée et les cases situées en bordure de celle-ci ont été inondées. Depuis le passage de ce cyclone, des travaux ont été effectués. La chaussée a été reconstruite et bétonnée et un décrocage du lit de la rivière a été réalisé en amont de la zone habitée pour éviter que de tels débordements se réproduisent. La ravine secondaire qui a gonflé les eaux de débordement de la rivière Langevin a été dérivée vers la ravine Grand Coude. La vallée étant très encaissée, des risques importants de glissements de terrains sont toujours présents sur les remparts rive gauche et rive droite. A la suite des trois études qui ont été effectuées en 1997 par le bureau central d'études d'outre-mer (BCEOM), par le bureau de recherche géologiques et minières (BRGM) et par le service de restauration des terrains de montagne et qui ont souligné la persistance de ces risques, des mesures d'opposabilité immédiate déterminées en amont de la rivière Langevin et traduisant l'inconstructibilité totale de la zone de Grand Galet ont été approuvées par arrêté préfectoral du 15 mars 1998, dans le cadre de la réalisation du projet de plan de prévention des risques sur la commune de Saint-Joseph. Compte tenu de la demande exprimée par les habitants de Grand Galet lors d'une réunion de la population organisée le 29 décembre 1997, une étude hydraulique et géologique complémentaire a été engagée. Cette étude, qui est effectuée par le BRGM et le BCEOM et dont les résultats seront connus d'ici quelques mois, devrait permettre de finaliser une cartographie des zones à risques à la parcelle sur le secteur de Grand Galet et de définir les travaux à réaliser pour accroître la sécurité des populations. Les travaux qui pourraient être définis par l'étude ne suffisent toutefois pas à garantir une mise en sécurité de l'ensemble du secteur. Leur maîtrise d'ouvrage et leur financement ne sont par ailleurs pas définis. Dans ces conditions, de nouvelles implantations sur ce secteur qui demeure très exposé aux risques naturels sont à éviter. Il est préférable de développer l'urbanisation sur des endroits plus sûrs.