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Prévention en matière de lutte contre le sida

11e législature

Question écrite n° 14481 de M. Simon Sutour (Gard - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 04/03/1999 - page 658

M. Simon Sutour attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale sur la prévention en matière de lutte contre le sida. En effet, les nouveaux traitements entraînent dans notre pays une baisse substantielle et remarquable du nombre de décès dus au virus d'immunodéficience humaine (VIH). Les nouveaux traitements permettent aux porteurs de la maladie de mener une vie sociale quasi normale. Paradoxalement, si les traitements évoluent positivement, les associations et d'autres acteurs impliqués dans la lutte contre cette maladie constatent une nette démobilisation, notamment dans les politiques de prévention en direction des plus jeunes, qui sont souvent les moins informés. C'est la raison pour laquelle il lui demande les mesures qu'il compte mettre en oeuvre pour qu'il n'y ait pas de relâchement dans les politiques de prévention du sida, notamment en direction des plus jeunes.



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 08/07/1999 - page 2342

Réponse. - Des efforts importants ont été faits pour améliorer l'accès au diagnostic, au traitement, à l'accompagnement et à la prise en charge des personnes atteintes par le virus de l'immunodéficience humaine. Il est aujourd'hui nécessaire de mener une politique de prévention d'autant plus offensive que son bien-fondé apparaît, en raison des nouvelles thérapeutiques, moins perceptible pour beaucoup de personnes. Dans ce contexte, le Gouvernement, pour 1999, maintient les priorités de prévention déjà poursuivies en 1998, ciblées en direction des personnes les plus fragiles face au VIH. Dans l'évaluation des modes de contamination, la part du risque sexuel augmente de façon importante. C'est donc en direction des personnes vulnérables que se portent les efforts principaux, tant au niveau local, départemental que régional. Il s'agit des partenaires sexuels des usagers de drogue ou des usagers eux-mêmes, les femmes, les hommes ayant des pratiques homosexuelles et les personnes atteintes. Ces actions doivent s'appuyer non seulement sur la mobilisation des réseaux communautaires (associations) mais aussi sur les intervenants sanitaires, sociaux et institutionnels (directions régionales des affaires sanitaires et sociales ; directions départementales des affaires sanitaires et sociales - centres de dépistage anonyme et gratuit). Les actions de prévention en direction de tous les publics précarisés, parmi lesquels les populations migrantes, ainsi que les actions de réduction des risques liés à l'usage de drogue par voie intraveineuse (pour lesquelles des moyens supplémentaires ont été dégagés dans le cadre de la politique de lutte contre les exclusions) sont poursuivies en 1999. Le public " jeune " a été et continue d'être aujourd'hui l'un des plus sollicités par les actions de prévention de l'infection à VIH, dans le cadre d'un partenariat étroit des ministères ayant en charge la politique menée à l'égard des jeunes sous la coordination du délégué interministériel à la lutte contre le sida. Les campagnes et les actions développent aujourd'hui une approche globale de la personne, prenant en compte le rapport à soi-même et à l'autre, les notions de plaisir et de risque en général, la relation amoureuse, la capacité de se représenter la maladie et d'établir des relations avec les personnes atteintes et leur entourage. La direction générale de la santé apporte son soutien aux dispositifs mis en uvre par les différents ministères, tant au niveau de leur élaboration que de leur financement.