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Formation des professeurs aux nouvelles technologies de l'information et de la communication

11e législature

Question orale n° 0994S de M. Fernand Demilly (Somme - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 10/01/2001 - page 35

M. Fernand Demilly attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale à la fois sur la formation des professeurs aux NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication), et sur le statut des " aides éducateurs " en charge des problèmes techniques liés aux NTIC dans les collèges. Les départements, et en particulier le département de la Somme, fournissent un effort financier considérable en faveur de l'équipement des collèges en NTIC. L'effort consenti par les départements en faveur de l'équipement des collèges en NTIC ne permettrait pas d'aboutir à des résultats satisfaisants si le partenariat de l'éducation nationale faisait défaut. En effet, un tel projet nécessite un effort de formation des professeurs avec pour corollaire des décharges de service. Des " aides éducateurs " remplissent actuellement cette mission dans nos collèges, à la satisfaction de tous. Ils ont cependant le statut d'" emploi jeunes ", statut trop aléatoire au regard des équipements mis en place et de leurs missions. Les NTIC constituant un élément de la politique gouvernementale en faveur de l'éducation, il lui demande s'il ne conviendrait pas de créer dans la grille de la fonction publique de l'Etat - éducation nationale - un grade permettant le recrutement de personnel qualifié qui serait aux NTIC ce que sont les aides de laboratoires aux disciplines telles que les sciences par exemple. Ces personnels seraient ainsi mieux formés, plus stables dans leur poste, assurant ainsi une certaine pérennité au dispositif mis en place. En conséquence, il souhaiterait connaître les mesures qu'il entend prendre à ce sujet.



Réponse du ministère : Recherche

publiée dans le JO Sénat du 17/01/2001 - page 138

M. Fernand Demilly. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale et
concerne la formation des professeurs aux NTIC - nouvelles technologies de l'information et
de la communication - et le statut des aides-éducateurs en charge des NTIC dans les
collèges.
Les départements, et en particulier le département de la Somme, dont je suis l'élu,
fournissent un effort financier considérable en faveur de l'équipement des collèges en NTIC.
L'effort consenti par les départements en faveur de l'équipement des collèges en NTIC ne
permettrait cependant pas d'aboutir à des résultats satisfaisants si le partenariat de
l'éducation nationale faisait défaut.
En effet, un tel projet nécessite un effort de formation des professeurs avec, pour corollaire,
des décharges de service.
Par ailleurs, la technicité des équipements mis en place, notamment dans l'espace
multimédia de chaque collège, implique qu'un aide-éducateur prépare le matériel avant le
cours et assure une présence technique de proximité de telle sorte que
l'enseignant-utilisateur n'ait pas à régler de problèmes techniques pendant la classe, mais
puisse bien consacrer l'intégralité de son temps au travail pédagogique.
Des aides-éducateurs remplissent actuellement cette mission dans nos collèges, à la
satisfaction de tous. Ils ont, cependant, le statut d'emploi-jeunes, statut trop aléatoire au
regard des équipements mis en place et de leurs missions.
Les NTIC constituent un élément de la politique gouvernementale en faveur de l'éducation.
Monsieur le ministre, ne conviendrait-il pas de créer, dans la grille de la fonction publique de
l'Etat pour l'éducation nationale, un grade permettant le recrutement de personnels qualifiés
qui seraient aux NTIC ce que sont les aides de laboratoire aux disciplines telles que les
sciences, par exemple ? Ces personnels seraient mieux formés, plus stables dans leur poste
et assureraient ainsi une pérennité au dispositif mis en place.
Quelles sont donc les intentions du ministère de l'éducation nationale ?
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la recherche. Monsieur le sénateur, je vous
demande tout d'abord d'excuser l'absence de M. Jack Lang, qui est retenu par une obligation
impérative. Mais, ministre de la recherche, je porte moi aussi un intérêt tout particulier aux
nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Comme vous le rappelez fort justement, les collectivités locales se sont très largement
mobilisées pour la diffusion des nouvelles technologies de l'information et de la
communication dans notre système éducatif où elles sont tout à fait utiles. Les efforts
financiers considérables que certaines d'entre elles ont consentis - parmi celles-ci, le
département de la Somme dont vous êtes l'élu - ont contribué efficacement à la réussite du
plan d'action du ministère de l'éducation nationale.
Au-delà des équipements matériels indispensables, l'effort doit également porter sur l'usage
de ces technologies et sur leur utilisation au quotidien dans les établissements. Cela
nécessite, en effet, que les professeurs maîtrisent eux-mêmes ce nouvel outil et que les
conditions d'installation du matériel et d'assistance des professeurs soient optimales.
Je rappelle à cet égard que la formation des professeurs a reçu une attention toute
particulière dans le cadre du programme d'action gouvernemental pour la société de
l'information, le PAGSI, lancé par le Premier ministre en janvier 1998.
Par ailleurs, tous les instituts universitaires de formation des maîtres, les IUFM, ont fait l'objet
d'un plan d'urgence pour mettre à niveau l'équipement et le contenu des enseignements. La
composante « nouvelles technologies de l'information et de la communication » est ainsi
complètement inscrite, et de façon officielle, dans la formation initiale des enseignants.
En outre, les plans académiques de formation des enseignants intègrent désormais ces
technologies. Les professeurs peuvent donc y avoir accès dans le cadre traditionnel des
dispositifs de formation continue. Les IUFM sont chargés d'assurer cette formation continue,
ce qui répond à la demande des professeurs, qui est en constante augmentation.
Nous menons actuellement des expérimentations dans quatre académies - Besançon,
Grenoble, Toulouse et Orléans-Tours - pour mieux définir les besoins en personnel
d'accompagnement et pour pérenniser les postes et les personnes essentiels pour
l'implantation des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans les
établissements. Si ces expérimentations se révèlent positives, elles pourraient s'étendre à
l'ensemble des académies.
Vous avez également raison, monsieur le sénateur, de signaler l'importance des «
aides-éducateurs » dans ce dispositif. Les nombreux emplois-jeunes créés à cet effet ont fait
la preuve de leur utilité. Ces jeunes ont permis de soulager les enseignants des tâches
matérielles et d'organisation générées par l'installation et l'utilisation des équipements
informatiques dans les classes et, comme vous le savez, le Gouvernement réfléchit
actuellement sur le devenir de ces emplois-jeunes.
M. Fernand Demilly. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. Demilly.
M. Fernand Demilly. Je vous remercie, monsieur le ministre, des éléments de réponse que
vous m'avez apportés.
Je ne doute pas que vous-même, ainsi que le ministre de l'éducation nationale, soyez
convaincus que le développement des NTIC bouleverse l'organisation économique et sociale
actuelle. Les gagnants sont ou seront les pays, les territoires qui disposent d'accès aux
réseaux à haut débit et dont la population maîtrise l'utilisation de ces technologies.
Mais l'initiation aux NTIC et leur pratique n'ayant pas lieu d'emblée chez les particuliers, il est
impératif de créer une égalité d'accès pour tous dans les établissements scolaires, d'abord,
dans des espaces multimédias mis en place par les structures intercommunales et ouverts à
tous, ensuite. Se servir d'Internet est une donnée nouvelle incontournable. Tous nos élèves
doivent savoir lire, écrire, compter... et surfer sur le web !
Je souhaite avec vous, monsieur le ministre, que les propositions que j'ai présentées soient
très rapidement prises en compte par le ministère de l'éducation nationale, dans la suite des
expérimentations que celui-ci mène actuellement.