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Lutte contre le tabagisme

11e législature

Question écrite n° 31250 de M. Michel Doublet (Charente-Maritime - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 15/02/2001 - page 567

M. Michel Doublet attire l'attention de M. le ministre délégué à la santé sur le taux de mortalité liée au tabagisme. Les spécialistes estiment que, d'ici à 2015 ce sont 160 000 personnes qui risquent de mourir prématurément des conséquences du tabagisme contre 60 000 aujourd'hui. Cette situation est d'autant plus alarmante que ce sont les jeunes qui sont particulièrement visés (plus de la moitié des jeunes de moins de vingt-cinq ans consomment du tabac) et les femmes (une sur quatre) dont la mortalité par cancer du poumon est supérieure à celle du cancer du sein. En conséquence, il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte mettre en oeuvre en matière de lutte contre le tabagisme.



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 01/11/2001 - page 3483

Dans notre pays, un Français sur trois fume et l'on estime que le tabagisme est à l'origine de 60 000 décès prématurés chaque année. Après une baisse de 11 % de la consommation de tabac entre 1991 et 1997, celle-ci s'établit depuis 1998 à un niveau préoccupant en particulier chez les jeunes et les femmes. Le dernier baromètre santé du Comité Français d'Education pour la Santé (CFES) montre que 24,1 % des adolescents de 12-17 ans fument et que jusqu'à l'âge de 17 ans le tabagisme est plus fréquent chez les filles que chez les garçons. Le pourcentage d'adolescents déclarant fumer est certes passé de 46 % en 1977 à 25 % en 1997 mais les enquêtes en milieu scolaire tendraient à montrer à l'inverse qu'au cours des années 1990, la consommation de tabac des 14-18 ans a augmenté, sans atteindre toutefois le niveau des années 1970. On constate par ailleurs que le pourcentage des femmes dans la population des fumeurs est en augmentation constante depuis le milieu des années soixante-dix. Ces évolutions de consommations alarmantes nécessitent une action soutenue des pouvoirs publics d'autant que 25 % des femmes enceintes fument pendant leur grossesse. Les enquêtes récentes concluent à une augmentation des pathologies liées au tabagisme des femmes et établissent une corrélation entre la consommation de tabac et le ralentissement de la progression de l'espérance de vie féminine. A cet égard, la communication, l'information, l'éducation à la santé et les actions de prévention jouent un rôle prépondérant. Les moyens consacrés aux campagnes de communication ont été considérablement renforcés depuis 1997 avec des déclinaisons spécifiques en direction des jeunes ou de leurs parents et en direction des femmes. Des actions de communication ciblées sont également conduites en partenariat avec les radios locales ou la presse magazine. Ainsi récemment une charte " pages sans fumée " a-t-elle été signée avec la presse féminine. Un rapport récent remis par le professeur Dautzenberg réalise une synthèse des connaissances sur le tabagisme passif et met en exergue les risques sanitaires en particulier chez les foetus et l'enfant. Une très large communication a été donnée à ce rapport dans le cadre de la journée mondiale sans tabac. L'information des parents et plus particulièrement des femmes enceintes est une priorité de santé publique. Le plan national de lutte contre le tabagisme adopté en mai 1999 ainsi que le programme national de lutte contre le cancer présenté en février 2000 marquent la volonté du Gouvernement de renforcer l'action des pouvoirs publics dans ce domaine. Ils se donnent également pour objectif de diminuer de moitié la proportion de femmes fumant durant leur grossesse et d'éviter la reprise du tabagisme après l'accouchement. Dans ce cadre, des campagnes d'information des femmes enceintes portant sur les risques spécifiques pour la grossesse, le nourrisson et le jeune enfant ont été mises en place avec le soutien des gynécologues obstétriciens et des sages-femmes. Par ailleurs, plus de 200 personnes sont en cours de recrutement dans les comités d'éducation pour la santé afin de conduire des actions de prévention de proximité. Ceux-ci interviendront notamment dans les établissements de santé ou les établissements scolaires. Le ministère soutient l'action d'associations de lutte contre le tabagisme et la mise en place de démarches participatives dans les établissements de santé ou les lieux de formation de type " hôpital sans tabac ", " maternité sans tabac ", " école sans tabac " ou " université sans tabac ". Le rôle de prévention des professionnels de santé ou de l'éducation est en effet fondamental. Ainsi, une circulaire en date du 6 décembre 1999 adressée aux directeurs techniques et aux directrices des écoles de sages-femmes, rappelle la nécessité d'individualiser, au sein des cours théoriques, un module axé sur les effets néfastes du tabac sur la santé des femmes et celle des nouveau-nés. La formation continue des médecins généralistes a été confiée à la Ligue nationale contre le cancer dans le cadre du programme NICOMEDE étendu progressivement à l'ensemble des professionnels de santé notamment aux sages-femmes et aux gynécologues. Ce programme fait d'ailleurs l'objet d'une adaptation spécifique pour ces derniers (NICOMATER). Une attention particulière est donnée au problème du tabagisme dès les premières consultations prénatales. Conformément au plan national de lutte contre le tabagisme présenté en mai 1999, l'Ecole Nationale de Santé Publique (ENSP) élabore des contenus de formations destinés aux personnels de l'Education nationale. Ces formations, associant personnels de direction et personnels sanitaires et sociaux, seront assurées par les comités départementaux d'éducation pour la santé (CODES) dans le courant de l'année 2002.