Allez au contenu, Allez à la navigation

Consommation de sel

11e législature

Question écrite n° 31413 de M. René Trégouët (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 22/02/2001 - page 635

M. René Trégouët rappelle à l'attention de M. le ministre délégué à la santé la récente mise en garde par des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale d'une trop grande consommation de sel par les Français, ce qui entraîne des risques pour la santé, notamment cardio-vasculaires. L'excès de chlorure de sodium serait ainsi responsable chaque année en France d'au moins 25 000 décès. Le sel préincorporé dans les aliments par l'industrie agro-alimentaire serait le premier facteur responsable, et ce le plus souvent à l'insu du consommateur puisque la mention du sel n'est pas obligatoire sur l'étiquette des produits. La Grande-Bretagne a déjà réagi en demandant aux industriels de réduire dans un premier temps de 30 % les ajouts de sel dans les aliments préparés, le tout assorti d'une campagne d'information sur ses dangers. Il lui demande en conséquence ce qu'il entend entreprendre en France pour favoriser une diminution dans la consommation de sel.



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 05/07/2001 - page 2258

La nouvelle version des apports nutritionnels conseillés pour la population française, dont les travaux ont été coordonnés par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), comporte un avis provisoire concernant le sel. Il recommande une consommation moyenne de sel quotidien au niveau de la population de 6 à 8 grammes et une distribution de ces apports comprise entre 5 et 12 grammes quotidiens. La consommation réelle de sel par les Français reste un sujet de controverse. Les résultats de la dernière enquête nationale de consommation alimentaire révèlent une consommation moyenne de 7,9 grammes de sel par jour chez les adultes. Le sodium contenu dans des aliments transformés tels que le pain, les charcuteries, le fromage ou encore les soupes constitue l'essentiel de cette consommation. Ces résultats sont cependant légèrement sous-estimés, les ajouts à domicile étant complexes à mesurer. La deuxième étude individuelle de consommation alimentaire (INCA2) prévue en 2002, qui fera appel aux compétences de l'AFSSA et de l'unité de surveillance et d'épidémiologie nutritionnelle (Institut de veille sanitaire - Conservatoire national des arts et métiers), pourrait permettre d'établir le niveau exact de cette consommation. Sans attendre ces résultats, l'AFSSA a mis en place un groupe de travail " sel " qui s'est réuni pour la première fois le 29 mars 2001. Ce groupe réunit des experts, des représentants des administrations concernées, du milieu industriel, de la restauration collective. Les objectifs assignés à ce groupe sont de proposer des mesures pour respecter une distribution statistique de consommation de sel ingéré de 5 à 12 grammes par jour ; d'identifier les aliments vecteurs essentiels de l'apport alimentaire sodé alimentaire ; de proposer des recommandations effectives d'abaissement de la teneur en sel de certains aliments vecteurs tout en respectant l'approche organoleptique, sécuritaire et technologique ; d'effectuer des études de simulation de l'apport sodé de la population française ; de réfléchir aux moyens de communication à adopter pour accompagner les mesures d'abaissement de la consommation de sel. Il est prévu que ce groupe, qui se réunira sept fois d'ici la fin de l'année, propose des recommandations en décembre 2001. Sur la base de l'avis qui sera formulé par l'AFSSA, le Gouvernement sera amené à envisager les mesures utiles qui devront permettre notamment d'atteindre l'objectif, inscrit dans le programme national nutrition santé 2001-2005, de réduction de 10 millimètres de mercure de la pression artérielle systolique moyenne des adultes.