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Protection des chefs-d'oeuvre bouddhiques d'Afghanistan

11e législature

Question écrite n° 31688 de M. Jacques Legendre (Nord - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 08/03/2001 - page 792

La destruction annoncée des chefs-d'oeuvre bouddhiques d'Afghanistan sur ordre des autorités de Kaboul est une perte irréparable. M. Jacques Legendre demande à Mme le ministre de la culture et de la communication quelle initiative pourrait être proposée par la France pour empêcher un tel saccage. Ne serait-il pas possible que la communauté internationale, par exemple à travers l'UNESCO, obtienne l'autorisation de mettre à l'abri à l'extérieur de l'Afghanistan ceux des chefs-d' oeuvre menacés qui sont transportables, jusqu'à ce qu'ils puissent être rendus au peuple afghan ?



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 07/06/2001 - page 1913

La France s'est très activement associée aux protestations et aux démarches de la communauté internationale pour tenter de dissuader les autorités de Kaboul de procéder à la destruction de la statuaire afghane pré-islamique. Dès le début du mois de février, alertés par des rumeurs de destruction de la statuaire du Gandhara dans les musées afghans, le chargé d'affaires français et les ambassadeurs d'Italie et de Grèce au Pakistan, membres de la société pour la préservation de l'héritage culturel afghan (SPACH), avaient eu des contacts avec des émissaires taleban, puis se sont rendus en Afghanistan à la fin du mois de février. C'est au cours de cette mission que le mollah Omar a annoncé la décision de détruire la statuaire afghane. Le 3 mars, la ministre de la culture et de la communication a lancé un appel aux pays soutenant le régime afghan pour empêcher la destruction de chefs-d'oeuvre " qui appartiennent au patrimoine de l'humanité tout entière ". Rappelant que les dirigeants afghans " bafouent chaque jour les droits fondamentaux de leur peuple et, singulièrement, la dignité et les droits des femmes afghanes ", elle avait ajouté : " tout naturellement, c'est à la culture que cette intolérance sectaire s'attaque aujourd'hui ". Le Gouvernement français est par ailleurs associé aux déclarations de la présidence de l'Union européenne ainsi qu'aux multiples protestations et démarches entreprises par les institutions internationales, ONU et UNESCO notamment, dont les efforts sont cependant restés vains. Le directeur général de l'UNESCO, M. Matsuura a ainsi fait appel à M. Pierre Lafrance Ambassadeur de France, pour tenter d'infléchir les taleban. Certains pays ou grandes institutions culturelles ont évoqué l'éventualité d'un rachat des oeuvres menacées, sans susciter la moindre marque d'intérêt des taleban. Enfin, le 14 mars, la présidence suédoise a fait une déclaration au nom des ministres de la culture de l'Union européenne condamnant les destructions opérées par les taleban.