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Situation dans le nord du Mali

11e législature

Question écrite n° 31817 de M. Guy Penne (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 15/03/2001 - page 875

M. Guy Penne attire l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sur la situation qui prévaut dans la zone de l'Adrar des Iforas, au nord du Mali. De récentes opérations militaires font craindre une nouvelle flambée de violences, qui viendrait contrarier les efforts entrepris par les élus locaux maliens, favorables à un développement pacifique et durable. Il souhaite connaître les initiatives prises par la France pour favoriser le retour à la paix et pour contribuer au développement économique et social dans cette région.



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 10/05/2001 - page 1591

Réponse. - Depuis la cérémonie de la Flamme de la paix qui s'est tenue à Tombouctou le 27 mars 1996, la situation dans la zone de l'Adrar des Iforas est considérée comme stabilisée, et la paix est dans l'ensemble installée. Le banditisme qui perdure est le fait d'éléments isolés issus des anciennes rébellions, qui sont difficilement contrôlables dans la mesure où ils peuvent se réfugier dans les pays voisins. L'objectif de ce banditisme est avant tout économique, même s'il est parfois sous-tendu par une argumentation politique. Un groupe dirigé par l'ancien rebelle Ibrahim Ag Bahanga a conduit à la fin de l'année 2000 des opérations dont les objectifs affichés étaient d'ordre politique, notamment la révision du découpage communal. Cette bande a enlevé une dizaine de militaires maliens en garnison dans le nord du pays, en tuant plusieurs autres. Les otages ont été libérés le 25 février après une intervention de l'armée malienne et une négociation avec le Gouvernement : les otages ont semble-t-il été libérés en échnge d'une amnistie et d'un redécoupage d'une commune de la région de Kidal. La France s'investit dans cette région tant dans le domaine du renforcement de la sécurité que dans celui du développement, les deux aspects étant étroitement imbriqués. En ce qui concerne la sécurité, des moyens adaptés à l'environnement du Nord-Mali sont mis en place en partenariat avec les forces de sécurité maliennes : des unités méharistes ont ainsi été créées avec le soutien de la France, et une aviation légère d'observation devrait l'être prochainement. Dans le cadre de la coopération civile, qui s'élève à environ 350 MF par an, la France conduit également des actions dans le domaine économique et social (projet de lutte contre la désertification, soutien au processus de décentralisation...).