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Situation des instituts régionaux du travail social

11e législature

Question écrite n° 32741 de M. Philippe Arnaud (Charente - UC)

publiée dans le JO Sénat du 26/04/2001 - page 1399

M. Philippe Arnaud appelle l'attention de Mme le ministre de l'emploi et de la solidarité sur les difficultés d'application de la loi nº 98-657 du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions. En effet, les instituts régionaux du travail social, et en particulier l'IRST de Poitou-Charentes, qui avaient approuvé les contenus du schéma national constatent à présent que les moyens financiers nécessaires à la mise en oeuvre de cette réforme n'ont pas été prévus. Il apparaît que les IRTS ne peuvent absolument pas répondre à la demande croissante de formation. Cette situation est d'autant plus préoccupante pour ces instituts que deux mesures non compensées à ce jour viennent obérer gravement leurs moyens : l'application de la loi sur la réduction du temps de travail et la mise en oeuvre de l'avenant 265 de la convention collective appliquée, agréé mais toujours non financé. L'ensemble de ces éléments va conduire ces instituts, dès 2001, à une impasse budgétaire si la dotation budgétaire affectée par la direction générale de l'action sociale ne prend pas en compte de toute urgence ces différentes charges obligatoires. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui préciser les mesures qu'elle entend mettre en place pour que soient affectés sans retard les moyens financiers indispensables à la mise en oeuvre de la lutte contre les exclusions.



Réponse du ministère : Emploi

publiée dans le JO Sénat du 30/08/2001 - page 2826

Les préoccupations relatives au financement des centres de formation en travail social portent sur trois points : le financement de nouvelles places d'étudiants en travail social pour répondre aux besoins en diplômés du secteur social et médico-social dans les prochaines années, les coûts induits par la mise en oeuvre de l'avenant 265 à la convention collective du 15 mars 1966 qui revalorise la rémunération des cadres du secteur, et donc des cadres des centres de formation, et la mise en place d'un décret portant contrat pluriannuel de financement entre l'Etat et les centres de formation. Les besoins prévisibles en nouveaux travailleurs sociaux ont été évalués dans le cadre du schéma national des formations en travail social qui a reçu l'aval du conseil supérieur du travail social le 2 février 2001 et a été arrêté par la ministre de l'emploi et de la solidarité le 28 mai dernier. Pour faire face à ces besoins de formation, un plan pluriannuel d'extension des capacités de formation des centres a été élaboré et inséré dans le nouveau plan de lutte contre les exclusions. Les dotations budgétaires afférentes à sa mise en oeuvre ont été demandées dans le cadre du projet de loi de finances initiale pour 2002. S'agissant des besoins induits par la revalorisation de la situation des cadres du secteur, les centres de formation en travail social se distinguent de la généralité des établissements sociaux et médico-sociaux auxquels s'applique l'avenant 265 à la convention collective de 1966 par leur forte proportion de cadres (70 % au lieu de 15 %). De ce fait, l'incidence financière de l'avenant sur ces centres est notablement plus élevée. Ce surcoût n'avait pas été suffisamment anticipé dans le calcul de la dotation budgétaire afférente en 2001. La ministre de l'emploi et de la solidarité a proposé d'abonder à due concurrence la base de la dotation des centres de formation dans la loi de finances initiale pour 2002 afin de mettre fin aux difficultés de fonctionnement auxquelles cette situation a exposé les centres de formation. Enfin, le projet de décret portant contrat pluriannuel de financement entre l'Etat et les centres de formation vise à harmoniser et à sécuriser les conditions d'attribution de leurs subventions en les fondant sur un principe d'allocation forfaitaire par professeur et par élève. Des dispositions transitoires sont prévues pour permettre à certains centres de rejoindre, à partir de dotations historiques qui peuvent s'en écarter, le niveau de subvention que leur vaudra l'application de ces forfaits.