Allez au contenu, Allez à la navigation

Surendettement des ménages martiniquais

11e législature

Question écrite n° 33155 de M. Rodolphe Désiré (Martinique - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 17/05/2001 - page 1640

M. Rodolphe Désiré rappelle à M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sa question écrite nº 28152 du 12 octobre 2000 relative à la progression de la fragilité financière d'un nombre grandissant de ménages et d'entreprises martiniquais et qui n'a, à ce jour, obtenu aucune réponse.



Réponse du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 30/08/2001 - page 2816

L'inspection générale des finances (IGF) a déjà effectué une mission en 1996 sur le coût trop élevé du crédit dans les DOM. Son rapport, ainsi que les analyses publiées par l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) confirment l'existence effective d'un surcoût du crédit dans les DOM et mettent en évidence une même cause : la persistance d'un niveau de risques moyen supérieur à celui de la métropole qui contraint les banques à provisionner davantage. Toutefois, sur le moyen et long terme, l'écart de taux tend à se réduire. D'après les enquêtes réalisées par l'IEDOM, le taux des crédits moyens pondérés aux entreprises martiniquaises (tous termes confondus) s'est établi à 7,69 % en janvier 2000 contre 7,79 % en janvier 1999 (la baisse était plus sensible encore en 1998). En janvier 2000, le taux moyen pondéré en Martinique était de 8,99 % sur le court terme et de 6,62 % sur le moyen et le long terme contre respectivement 6,38 % et 5,19 % en métropole. La situation bancaire locale continue en outre de s'assainir, ce qui est naturellement propice à l'amélioration des conditions de financement bancaire et à une diminution des écarts de taux entre les départements d'outre-mer et la métropole. Par ailleurs, la loi d'orientation pour l'outre-mer du 13 décembre 2000 a prévu l'élaboration d'un rapport annuel, transmis au Parlement, sur les conditions de fixation des taux bancaires dans les DOM et sur les raisons de leur écart par rapport aux taux pratiqués en métropole. S'agissant des ménages, dans un contexte de forte croissance des crédits aux particuliers (+ 10 % entre le 30 septembre 1999 et le 30 septembre 2000) et de forte croissance de la consommation (+ 9 % en 1999), l'évolution défavorable des cas de surendettement et de la progression des incidents de paiement doit être relativisée. Il convient aussi d'observer que durant la même période (septembre 1999 et septembre 2000), l'épargne à long terme des particuliers dans l'ensemble des DOM s'est accrue de 11 %. Le Gouvernement a pris cependant l'initiative d'un certain nombre de réformes en vue de réduire le nombre des interdictions d'émettre des chèques ou d'en atténuer les conséquences, dans les départements d'outre-mer comme en métropole. L'article 23 de la loi n° 2001-420 du 15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques a réduit de dix à cinq ans la durée maximale des interdictions d'émettre des chèques. Cet article s'applique aux interdictions bancaires en cours. Le projet de loi portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier comporte des dispositions permettant d'alléger le montant des pénalités libératoires et de certains frais bancaires. Jusqu'à maintenant, les pénalités libératoires s'élevaient à 150 francs (22 euros) par tranche de 1 000 francs (150 euros) ou fraction de tranche de chèque pour chaque chèque rejeté. Le projet que la pénalité sera désormais calculée sur la fraction non provisionnée du chèque et non plus sur son montant nominal. D'autre part, le délai de régulation des chèques est porté de un à deux mois : si l'émetteur d'un chèque rejeté le régularise, il est exonéré du paiement de la pénalité dès lors qu'il n'a pas connu d'incident dans les douze mois qui précèdent. Enfin, les pénalités sont réduites lorsque le montant non provisionné est modeste et le principe du plafonnement des frais bancaires pour les petits chèques (inférieurs à 50 euros) est instauré.