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Dépistage du cancer colorectal

11e législature

Question écrite n° 34238 de Mme Marie-Claude Beaudeau (Val-d'Oise - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 05/07/2001 - page 2229

Mme Marie-Claude Beaudeau attire l'attention de M. le ministre délégué à la santé sur la gravité du cancer colorectal qui est aujourd'hui responsable d'au moins 16 000 décès par an et de 33 000 nouveaux cas souvent diagnostiqués à un stade tardif. Elle lui fait remarquer qu'une telle situation ne lui est pas inconnue, et lui rappelle qu'il a commandé en 1995, le rapport Dubois, puis en 1997, le rapport Gignoux, qu'une conférence de consensus a eu lieu en 1998, sans que des mesures nouvelles de dépistage n'aient été prises Elle lui fait remarquer que cette situation est d'autant plus préoccupante que le cancer colorectal remplit les conditions d'un dépistage efficace : fréquence élevée, traitements efficaces au stade initial, lésions bénignes précancéreuse (polypes) pouvant être identifiées et traitées, existence d'un test facile à réaliser, peu coûteux, évalué et sans risque pour la personne dépistée : Hemoccult II est recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et par un certain nombre de ministères étrangers. Elle lui fait également remarquer qu'une personne effectuant ce test régulièrement décédera moins souvent d'un cancer colorectal que celle ne l'effectuant pas. Il est prouvé que si la moitié de nos compatriotes âgés de plus de 45 ans acceptaient ce dépistage, la mortalité baisserait de 15 à 20 %. Elle lui demande de lui faire connaître les mesures envisagées en faveur d'un test systématique pour faire reculer le nombre et la gravité du cancer colorectal dans notre pays.



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 27/09/2001 - page 3139

L'ANAES a émis en janvier 1998 des recommandations sur le dépistage du cancer colorectal, proches des recommandations du comité consultatif de l'Union européenne de 2001. Un groupe technique a été constitué qui a établi, selon les recommandations de l'ANAES, des cahiers des charges pour sa mise en oeuvre. Les textes réglementaires seront publiés prochainement. Le dépistage du cancer colorectal sera proposé dans dix départements dès la fin de l'année 2001. Un appel à candidature sera lancé à l'automne par le FNPEIS (Fonds national de prévention, d'éducation et d'information en santé), qui assurera le financement de ces programmes dans l'attente de leur généralisation d'ici à 2003. Ce programme garantira un égal accès de tous au dépistage et fera bénéficier chacun des mêmes garanties de qualité. Tous les deux ans, les hommes et les femmes de cinquante à soixante-quatorze ans ne relevant pas d'autres stratégies de prise en charge seront invités à effectuer un test de détection de sang occulte dans les selles. Ces tests seront remis par les médecins traitants, dont la participation est un élément essentiel pour l'efficacité de la campagne de dépistage. La lecture des tests sera réalisée par du personnel formé, selon un cahier des charges précis comprenant un contrôle de qualité. La gestion de la campagne de dépistage sera effectuée par une structure opérationnelle unique pour tous les dépistages des cancers, à l'échelle d'un ou plusieurs départements. Celle-ci s'assurera de la réalisation des tests et de leurs résultats, de la qualité du dispositif et du suivi des personnes dépistées positives avec le concours des gastro-entérologues.