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Attaque chimique

11e législature

Question écrite n° 35324 de M. René Trégouët (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 27/09/2001 - page 3069

M. René Trégouët rappelle à l'attention de M. le ministre de la défense le drame survenu dans une usine chimique, à Toulouse, le 20 septembre dernier. Il aisé de transposer la situation vécue par les populations du fait de la présence d'un nuage toxique, à celle d'une attaque chimique sur une agglomération de notre pays. Notre défense dispose-t-elle d'une parade efficace ? (destruction ou éloignement d'un tel type de nuage).



Réponse du ministère : Défense

publiée dans le JO Sénat du 15/11/2001 - page 3633

Les armées ne disposent pas de moyens de destruction ou d'éloignement d'un nuage toxique dans l'atmosphère. A la connaissance du ministère de la défense, aucun pays ne détient aujourd'hui de système d'élimination ou de neutralisation d'un tel nuage. Les études en cours, en particulier au sein de l'OTAN, n'envisagent pas cette possibilité. En cas d'attaque chimique, le concept de défense des armées repose sur trois principes : prévenir, gérer, restaurer. Ce concept d'organisation peut éventuellement, et dans certaines conditions très particulières, être utilisé dans une catastrophe industrielle. Le premier principe s'appuie sur un réseau de détecteurs mis en place dans le but d'alerter les forces pour leur donner le temps de se protéger efficacement. Il s'agit principalement de détecteurs chimiques portables en dotation dans chacune des sections de l'armée de terre, dans les unités de l'armée de l'air et à bord des bâtiments de la marine nationale. De plus, un réseau d'alerte national, en place sur les bases aériennes, permet de détecter toute attaque par vecteur (missiles, avions, projectiles) au profit d'un site militaire en métropole. Un réseau identique est installé en cas de projection extérieure des forces. Ces appareils de détection d'alerte ne concernent actuellement que des agents chimiques de guerre situés à proximité immédiate du détecteur. Dans un roche avenir, les capacités de détection seront étendues à certains toxiques industries et, dans un avenir plus lointain, à une détection aérienne et à distance (caméra thermique à infrarouge). Une fois les mesures de protection prises et l'agent en cause identifié, une gestion de l'événement est mise en place par une cartographie numérisée définissant des zones de danger et des zones contaminées en fonction des paramètres de l'attaque et des conditions météorologiques locales. Cette gestion permet de prendre les mesures de précaution adéquates à l'intérieur de ces zones (délimitation de zone, surveillance, confinement et évacuation des personnels non indispensables à la poursuite de la mission). Pour permettre d'affiner le tracé des zones de danger et l'évolution du nuage dans l'atmosphère, des moyens de prévision informatisés sont utilisés. Ces derniers sont d'autant plus précis que les données sources sont fiables (caractéristiques de l'agent, paramètres de l'attaque, météo locale). Par exemple, la baie de synthèse Air 310 de armée de l'air permet l'intégration de données météorologiques de Météo France en temps réel et modélise ainsi l'évolution d'un nuage toxique dans l'atmosphère ainsi que ses retombées au sol. Enfin, des mesures de décontamination sont prises pour restaurer les capacités opérationnelles des forces touchées par l'attaque chimique.