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Rapport d'expertise sur le naufrage de l'Erika

11e législature

Question écrite n° 35931 de M. Serge Mathieu (Rhône - RI)

publiée dans le JO Sénat du 25/10/2001 - page 3357

M. Serge Mathieu demande à M. le ministre de l'agriculture et de la pêche de lui préciser les perspectives de son action ministérielle s'inspirant du rapport d'expertise sur le naufrage de l'Erika, demandé par la justice et réalisé par deux experts maritimes auprès de la Cour de cassation. Ce rapport souligne les graves décisions illégales de TotalFina, affrétant un navire dont l'autorisation de naviguer était expirée, et la gestion incertaine du naufrage par les services de l'Etat et singulièrement de la préfecture maritime qui " n'a pas mis en oeuvre ses propres procédures d'urgence ".

Transmise au ministère : Équipement



Réponse du ministère : Équipement

publiée dans le JO Sénat du 20/12/2001 - page 4032

Le rapport mentionné par l'honorable parlementaire a été établi dans le cadre d'une procédure judiciaire qui échappe à toute intervention du Gouvernement du fait du principe de la séparation des pouvoirs. Au demeurant, il convient de préciser que la procédure d'agrément dont il est question dans ce rapport est de nature privée, l'affréteur d'un navire procédant à des inspections des navires qu'il entend utiliser selon des règles qui lui sont propres ou communes à un groupement d'utilisateurs. Cette procédure ne lie ni l'état du pavillon ni l'état du port. Pour autant, le Gouvernement a très rapidement réagi au naufrage de l'Erika, notamment sur la base d'un rapport d'enquête administrative et technique diligentée par le ministre de l'équipement, des transports du du logement. Plus particulièrement, ce dernier a fait adopter par les opérateurs français, dès le 10 février 2000, une charte sur la sécurité maritime des transports pétroliers par laquelle les signataires s'engagent à n'utiliser que des navires justifiant des garanties optimales de sécurité. Cette charte, renouvelée le 22 février 2001, est significative de l'évolution des esprits et a eu un retentissement qui a dépassé le cadre national. Parallèlement, la France est à l'origine de la banque de données EQUASIS, soutenue par l'organisation maritime internationale (OMI) et par l'Union européenne, destinée à rassembler et à mettre à disposition des autorités publiques comme des opérateurs privés, l'ensemble des informations concernant un navire et les inspections qu'il a subies à quelque titre que ce soit. EQUASIS constitue désormais un instrument de contrôle qui concourt puissamment à la transparence en matière de sécurité maritime. Enfin, il convient de rappeler l'action déterminante du Gouvernement qui, par trois mémorandums présentés dès février 2000 à l'OMI, à la Commission européenne et au FIPOL a initié une série de mesures qui visent à un renforcement du contrôle des navires et à une meilleure maîtrise du trafic maritime. A cet égard, l'aboutissement avant la fin de cette année du paquet " ERIKA I " et du paquet " ERIKA II " prévu pour le premier semestre 2002, illustre la détermination de la France et des Etats de l'Union européenne à progresser dans la voie du progrès de la sécurité maritime. Dans ce cadre nouveau, le Gouvernement entend assumer toute sa part, notamment dans le contrôle des navires et la surveillance du trafic maritime.