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Aide alimentaire aux populations d'Amérique centrale

11e législature

Question écrite n° 36111 de M. Guy Penne (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 01/11/2001 - page 3422

M. Guy Penne souhaite attirer l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la tragique situation alimentaire en Amérique centrale. Sécheresse, tremblements de terre, inondations : depuis quatre ans, cette région du monde connaît une terrible série de catastrophes naturelles. Aujourd'hui, la famine sévit et on enregistre des centaines de morts au Salvador, au Guatemala, en Honduras et au Nicaragua. Des organisations non gouvernementales et des organisations publiques (FAO, PAM, OIT) s'efforcent d'alerter l'opinion publique internationale, et le Programme alimentaire mondial vient de lancer un appel à la solidarité qui ne semble pas, hélas, recueillir un grand écho. Il souhaite connaître les initiatives que la France pourrait prendre pour rapidement venir en aide aux populations d'Amérique centrale frappées par la famine



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 13/12/2001 - page 3920

Région particulièrement touchée par les catastrophes naturelles, l'Amérique centrale est l'objet d'une attention spéciale de la part de la France, qui intervient tant par des actions bilatérales que multilatérales (dans le cadre de l'Union européenne ou des Nations unies). Il convient de rappeler que cette région est, par habitant, la première bénéficiaire de l'aide européenne au monde. Une sévère sécheresse frappe actuellement l'est du Salvador, le nord du Nicaragua, le sud du Honduras et le sud-est du Guatemala, entraînant une perte de plus de 50 % des récoltes de maïs et de haricots rouges, deux produits qui constituent l'essentiel de l'alimentation de ces régions rurales. Cette sécheresse intervient après les tremblements de terre au Salvador, qui ont détruit de nombreuses petites exploitations et micro-entreprises, et la chute des cours du café, qui a ruiné de petits exploitants et incité les plus importants à suspendre la récolte, privant ainsi de ressources les ouvriers agricoles journaliers. Le programme alimentaire des Nations unies (PAM) a estimé à plus de 700 000 le nombre de personnes menacées de famine. Au Guatemala, au Honduras et au Salvador, les autorités ont décrété l'état d'urgence ou de calamité publique. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et le PAM ont fourni aux populations de la région des semences et une aide alimentaire d'urgence. La France a participé à ce programme en fournissant au PAM, dès le 10 septembre, 1 400 tonnes de maïs et 3 600 tonnes de riz au profit des deux pays les plus pauvres et les plus touchés, le Nicaragua et le Honduras. Parallèlement aux actions des Nations unies, la Banque interaméricaine de développement (BID), au sein de laquelle la France est présente, a décidé d'affecter des ressources financières à ces deux pays. Enfin, l'Union européenne a décidé d'intervenir au travers de son programme ECHO (financé à hauteur de 17 % par la France) en finançant une action humanitaire de 2,3 millons d'euros, destinée essentiellement au Nicaragua, au Honduras et au Guatemala, un second programme concernant le Salvador devrait être mis en oeuvre au début de l'année 2002, pour un montant équivalent. La situation s'est améliorée grâce à ces actions de la communauté internationale auxquelles la France a pris toute sa part. Les agriculteurs qui s'étaient déplacés vers les villes pour attirer l'attention des autorités sur leur sort ont rejoint leurs villages. Les postes diplomatiques français, qui ont été très présents sur le terrain, continuent de suivre, avec attention, l'évolution de la situation alimentaire de cette région.