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Visite en Ouzbékistan

11e législature

Question écrite n° 36906 de M. René Trégouët (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2001 - page 3741

M. René Trégouët rappelle à l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sa visite en Ouzbékistan fin novembre dernier dans le cadre de l'envoi de troupes françaises en Afghanistan. Peut-il faire un bref compte rendu de sa mission ? Son déplacement a-t-il répondu aux objectifs qu'il s'était fixés ?



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 31/01/2002 - page 298

Le déplacement en Ouzbékistan du ministre délégué à la coopération et à la francophonie les 22 et 23 novembre dernier s'inscrivait dans le cadre d'une visite régionale incluant également le Tadjikistan et l'Iran. Centré sur la problématique afghane dans ses composantes politique, militaire et humanitaire, il comportait aussi une importante dimension bilatérale. La visite du ministre délégué en Ouzbékistan faisait suite à plusieurs contacts entre le ministre des affaires étranghères, M. Hubert Védrine, et son homologue ouzbek, M. Abdoulaziz Komilov. Du point de vue militaire, elle intervenait dans le contexte particulier lié à la poursuite de violents combats pour la prise de la poche de Kundouz, qui est située à proximité immédiate de la frontière ouzbéko-afghane. Le ministre délégué a été reçu par le ministre des affaires étrangères, M. Komilov, et par le ministre des situations d'urgence, M. Ravchan Khaidarov, responsable au sein du gouvernement ouzbek de toutes questions afférentes à la gestion de l'aide humanitaire internationale destinée à l'Afghanistan. M. Josselin s'est également entretenu avec les responsables des agences des Nations unies présentes en Ouzbékistan, ainsi qu'avec les membres des ONG françaises. Enfin le ministre délégué s'est rendu dans la ville de Termez, où il a notamment pu visiter les installations portuaires par lesquelles transite l'aide humanitaire. Sur le plan des relations bilatérales, l'entretien avec M. Komilov a permis de procéder à un tour d'horizon qui a mis en valeur la qualité et la diversité de la coopération bilatérale et la volonté partagée de l'approfondir et de la diversifier. Répondant aux préoccupations exprimées par les autorités ouzbèkes, le ministre délégué a fait part de la disposition de la France à engager dans le domaine de la santé et en matière d'environnement une coopération à la mesure des défis auxquels est confronté l'Ouzbékistan. La question afghane a naturellement été au centre des entretiens. Le ministre délégué a rappelé la position de la France et souligné l'importance des facilitations sollicitées auprès des autorités ouzbèkes en vue d'assurer la sécurisation de l'acheminement de l'aide humanitaire. M. Josselin a fourni à ses interlocuteurs des éclaircissements sur le dispositif militaire français et sur sa mission - sécurisation de l'aéroport de Mazar-e-Charif. Les interlocuteurs du ministre délégué n'ont pas été en mesure d'apporter une réponse immédiate aux demandes présentées par M. Josselin, qu'ils se sont cependant engagés à examiner favorablement. Cette attitude s'expliquait par deux facteurs principaux liés, d'une part, à une réticence forte à ouvrir la frontière tant que la zone limitrophe, où les combats continuaient de faire rage, n'aurait pas été stabilisée, et, d'autre part, à la complexité de la définition du statut juridique de nos forces, dont le déploiement s'inscrivait dans le cadre de l'accord américano-ouzbek. Le déplacement du ministre délégué a permis une clarification. A l'heure actuelle, la question de la présence des forces françaises en Ouzbékistan est réglée. Les soldats français ont pu être transférés en Afghanistan. Sur le plan humanitaire, la visite de M. Josselin a eu pour résultat immédiat d'obtenir l'accréditation, jusque-là en souffrance, des ONG françaises, ainsi que des assurances concernant l'acheminement de l'aide humanitaire française à destination de la région de Mazar-e-Charif. Au-delà de ses objectifs immédiats, dont elle a notablement contribué à hâter la réalisation, la visite du ministre délégué en Ouzbékistan et au Tadjikistan avait pour ambition de rappeler l'engagement fort de la France en faveur d'une solution politique durable en Afghanistan et sa détermination à approfondir la concertation avec les pays de la région au service de priorités partagées. Elle s'inscrit dans le droit-fil de la politique suivie par la France en Asie centrale depuis l'accession de ses pays à l'indépendance en 1991.