Question de M. MARTIN Pierre (Somme - UMP) publiée le 30/01/2004

Question posée en séance publique le 29/01/2004

M. Pierre Martin. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, voilà à nouveau le sport à la une de l'actualité à travers le dopage qui, une fois de plus, entache le milieu du cyclisme.

M. Jacques Mahéas. Ils prennent des médicaments !

M. Pierre Martin. Monsieur le ministre, vous vous êtes exprimé d'une façon très claire et très ferme sur le sujet, ne laissant subsister aucune ambiguïté sur votre vision de l'éthique sportive, prononçant des mots forts pour qualifier les protagonistes de ces événements. Même si le dopage ne touche, je l'espère, qu'une minorité de sportifs, nous approuvons votre intervention au regard de cette pratique qui gangrène le sport et les valeurs qu'il est censé véhiculer, qui met en péril la vie des sportifs pour une performance falsifiée, une place volée sur un podium, une médaille imméritée, et qui, surtout, révèle les dérives et les méfaits du sport business.

Il est urgent d'agir, et c'est, nous le savons, monsieur le ministre, votre volonté, vous qui avez été un grand sportif et qui connaissez bien le monde du sport.

Sur le plan national, vous avez programmé une série d'entretiens. Vous avez d'ores et déjà rencontré, hier matin, M. Bernard Petit, chef de l'Office central de répression des trafics illicites de produits stupéfiants.

Pourriez-vous nous donner des orientations sur la nature des mesures de prévention, de coercition et de répression que vous envisagez afin de lutter toujours plus efficacement contre le trafic de produits dopants ?

Le sport est mondial, les compétitions planétaires, les approches sur le dopage différentes suivant les nations, l'obtention de certaines substances possible sans ordonnances par le biais d'Internet. Tous ces éléments montrent que ce problème dépasse largement nos frontières. C'est donc à l'échelle internationale qu'il faut lutter et coopérer.

Dans cette optique, vous avez prévu de rencontrer le secrétaire général d'Interpol. Nous serons, bien sûr, à l'écoute des résultats de ces entretiens, mais vous est-il possible de nous préciser si l'expérience de la France sera porteuse au-delà de notre pays et quelles avancées l'on peut attendre de cette coopération ?

Monsieur le ministre, soyez assuré de notre soutien pour changer l'image qui ternit le sport, moment de détente, de dépassement de soi-même, d'épanouissement pour des jeunes en quête d'exemples et de repères.

La jeunesse a besoin de s'exprimer, de se comparer, de s'affronter proprement.

M. Roland Muzeau. Il ne fallait pas supprimer ce qu'a fait le gouvernement précédent ! (Protestations sur les travées de l'UMP.)

M. le président. Posez votre question, monsieur Martin !

M. Pierre Martin. Peut-on encore imaginer une jeunesse qui n'aurait pas à se demander si le sport est propre ou si les contrôles sont efficaces ? Elle ne comprendrait pas que la tolérance zéro ne s'applique pas au sport.

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Réponse du Ministère des sports publiée le 30/01/2004

Réponse apportée en séance publique le 29/01/2004

M. Jean-François Lamour, ministre des sports. Monsieur le sénateur, je vous remercie du soutien que vous apportez au Gouvernement dans sa lutte contre le dopage et, surtout, contre le trafic de produits dopants.

M. René-Pierre Signé. Vous en aviez besoin !

M. Jean-François Lamour, ministre. La France s'est dotée d'un ensemble de lois et de procédures en pointe en matière de lutte contre le dopage. Force est malheureusement de constater que l'environnement international évolue. Nous devons donc nous adapter.

Vous avez rappelé certaines des mesures que j'ai prises. J'ai en effet programmé de nombreux entretiens qui me permettront, j'en suis persuadé, de lutter avec plus d'efficacité contre le trafic des produits dopants, de mieux cibler les contrôles antidopage - en procédant à des contrôles de façon inopinée et non plus seulement pendant les compétitions -, mais également d'assurer un meilleur suivi médical des sportifs, notamment en le liant à l'obtention de la licence.

J'ai procédé, depuis maintenant six mois, à de nombreuses consultations et, malheureusement, l'actualité récente nous démontre qu'il faut encore nous adapter, bien que le Parlement ait déjà légiféré en 1999. Comme vous l'avez rappelé, je rencontrerai prochainement le secrétaire général d'Interpol.

Avec l'appui des ministres en charge de l'intérieur, de la justice et de la santé, je vais constituer un groupe technique national qui permettra de croiser un certain nombre d'informations et d'isoler ainsi les tricheurs et, surtout, d'identifier ceux qui leur fournissent les produits dopants. Les événements récents prouvent que ce trafic n'a pas de frontière, qu'il devient de plus en plus lucratif. Les sportifs subissent la pression des pourvoyeurs de produits dopants qui sont de véritables criminels.

A l'heure actuelle, les contrôles sont, pour la plupart, réalisés à l'occasion des compétitions. Il nous faut développer les contrôles inopinés, sur les lieux d'entraînement, rechercher les tricheurs partout, sur notre territoire et à l'extérieur de nos frontières.

C'est tout l'enjeu du code mondial de lutte contre le dopage. Il s'agit d'un texte de référence que la France a adopté au mois de mars dernier avec plus de cent pays, à Copenhague. Il nous faut maintenant l'appliquer. L'UNESCO est en train de rédiger une convention internationale à cet effet. Il y va de la lutte contre le dopage dans les années qui viennent.

Nous serons efficaces et performants si tous les acteurs concernés, mouvements sportifs internationaux, fédérations internationales et gouvernements, travaillent ensemble.

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