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Situation de l'Agence France Presse

12e législature

Question écrite n° 10489 de Mme Nicole Borvo (Paris - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 15/01/2004 - page 96

Mme Nicole Borvo attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur situation de l'Agence France Presse (AFP). L'article 2 du statut de l'AFP stipule que " L'AFP doit, dans toute la mesure de ses ressources, assurer l'existence d'un réseau d'établissements lui conférant le caractère d'un organisme d'information à rayonnement international. " Des trois grandes agences à statut mondial, l'AFP est la seule non anglophone. Cela souligne le fait que sans volonté politique, sans ambition culturelle, l'AFP ne serait pas ce qu'elle est. Or, les moyens financiers nécessaires à cette ambition n'ont pas été mis au service de l'agence. Cet état de fait est pour une grande part à l'origine des difficultés qu'elle vit actuellement. Son déficit cumulé avoisine les 70 millions d'euros. Le désengagement de l'Etat est allé croissant jusqu'à ce que l'effort demandé aux salariés soit supérieur à l'augmentation, de l'aide de l'Etat. En effet, alors que la contribution supplémentaire de l'Etat cumulée de 2003 à 2007 serait de 24,4 millions d'euros, celle réclamée aux salariés en termes de progression moindre de la masse salariale serait de 39,3 millions d'euros. Aujourd'hui l'AFP est obligée de se financer à partir de son propre patrimoine, l'Etat et la presse refusant de jouer véritablement leur rôle. Cette logique de fragilisation de l'AFP serait de plus en contradiction avec le projet d'une chaîne internationale francophone. Par conséquent, elle lui demande quels moyens financiers l'Etat compte débloquer pour perpétuer et élargir le rayonnement international de l'AFP. Notamment, les sommes non utilisées en 2003 du fonds de modernisation de la presse pourraient être mobilisées à cette fin.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 26/02/2004 - page 462

L'Agence France-Presse fait partie des trois premières agences de presse mondiales. C'est un atout pour la presse, pour le rayonnement de la France, et pour les équilibres démocratiques de l'information dans le monde. Sa situation économique, malgré un dynamisme certain ayant conduit au renforcement de ses positions commerciales sur plusieurs marchés, reste cependant fragile. L'enjeu essentiel pour l'Agence est aujourd'hui de mettre en oeuvre une stratégie de développement prenant en compte les mutations technologiques qui affectent le marché mondial de l'information et la concurrence des autres agences de presse. En signant avec l'Agence le 20 novembre dernier un contrat d'objectifs et de moyens, l'Etat a choisi de l'accompagner afin de l'aider à maintenir sa position internationale tout en lui permettant de garantir la qualité de son information. L'Etat s'est ainsi engagé sur l'évolution de ses abonnements pour les cinq prochaines années dans le cadre de ce contrat. Cet effort renouvelé se traduit pour 2004 par une augmentation substantielle des abonnements de l'Etat à l'Agence France-Presse. Ces derniers s'élèvent en effet pour 2004 à 103,2 millions d'euros, soit une progression, par rapport aux crédits votés pour 2003, de 3 %. En contrepartie de cet effort financier de l'Etat, l'Agence France-Presse devra s'engager à parvenir à l'équilibre financier dans les quatre années à venir grâce au développement de ses recettes commerciales et à un effort persévérant de maîtrise de sa gestion. Le contrat d'objectifs et de moyens constitue donc une chance pour l'Agence. Il lui permettra de retrouver l'équilibre économique et les moyens de son développement mondial. Sa mise en oeuvre devra être le fruit d'un engagement collectif de l'ensemble de ses personnels.