Allez au contenu, Allez à la navigation

Conséquences de la réforme de la politique agricole commune sur l'aide alimentaire

12e législature

Question écrite n° 11765 de Mme Odette Terrade (Val-de-Marne - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 22/04/2004 - page 904

Mme Odette Terrade attire l'attention de Mme la ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion sur les conséquences de la réforme de la politique agricole commune sur l'aide alimentaire. Alors que la demande d'aide alimentaire en France pour les plus démunis augmente de plus de 10 % depuis le début de l'année, la réforme de la PAC, qui vise à réduire de façon drastique les surplus alimentaires, pour se mettre en conformité avec les exigences de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), risque d'avoir des conséquences catastrophiques sur la redistribution d'aides alimentaires pour les familles vivant en dessous du seuil de pauvreté, secourues par de nombreuses associations caritatives. A ce jour, ces excédents communautaires de l'Europe ont permis de fournir, à 4 760 associations, 63 000 tonnes de denrées, équivalant à 126 millions de repas et ainsi de nourrir 2,6 millions de nos concitoyens. L'Union européenne s'est engagée en 1987 sur un programme d'aide alimentaire aux plus défavorisés, aussi, elle lui demande quelles mesures d'urgence elle compte prendre pour venir en aide aux banques alimentaires et soutenir leur action en faveur de ces familles en détresse.



Réponse du Ministère déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion

publiée dans le JO Sénat du 01/07/2004 - page 1457

L'honorable parlementaire a appelé l'attention de la ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion sur les conséquences qu'entraînera, à terme, la réforme de la politique agricole commune sur le plan européen d'aide aux plus démunis (PEAD). A titre liminaire, la ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion tient à rappeler que l'aide alimentaire distribuée en France ne dépend pas uniquement des dispositifs européens et à réaffirmer son total engagement en faveur des plus démunis : l'aide apportée par l'Etat s'élevait en 2003 à près de 11 millions d'euros elle n'était que de 4 millions en 2001. A l'intérieur de cette enveloppe, les subventions distribuées par la DDASS ont plus que doublé. Le Gouvernement soutient par ailleurs les principales associations à hauteur de 2,6 millions d'euros. Les programmes d'aide alimentaire bénéficient donc d'un financement important de la part des pouvoirs publics. C'est un effort sans précédent qui sera poursuivi. En outre, alors que la loi de lutte contre les exclusions de 1998 n'abordait pas la question de l'alimentation, le Gouvernement s'en est emparé et a conçu le Plan national alimentation et insertion qui prévoit notamment une évaluation de l'alimentation et de l'état nutritionnel des personnes en situation d'exclusion ou de précarité ainsi qu'un programme de formation des bénévoles travaillant pour les associations caritatives. Dès sa nomination au Gouvernement, la ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion a tenu à rencontrer les responsables des grandes associations nationales qui lui ont fait part de leurs préoccupations concernant le maintien, à terme, du Plan européen d'aide aux plus démunis. La disparition progressive des stocks européens qui servent à l'approvisionnement des associations caritatives est bien inscrite dans le processus de réforme de la PAC. Conscient de l'intérêt de la pérennisation du dispositif actuel, le Gouvernement s'attache à trouver des solutions alternatives. L'objectif est bien, en concertation avec le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales et la ministre déléguée aux affaires européennes, de préserver cet outil qui constitue un apport essentiel dans la capacité d'intervention des associations. Plusieurs pistes sont actuellement à l'étude allant vers un élargissement et un assouplissement du dispositif actuel. L'une consiste à élargir les possibilités offertes aux associations caritatives de faire des échanges de produits alimentaires avec les entreprises, afin de mieux répondre aux besoins de ces associations (du beurre pourrait être échangé contre des pâtes, par exemple). L'autre consiste à autoriser, dans le cadre de la PAC, un approvisionnement direct sur le marché par chaque Etat membre concerné, en cas d'indisponibilité de produits d'intervention, en privilégiant alors les filières en crise. Le Gouvernement travaille à sensibiliser ses partenaires de l'Union sur ces nécessaires adaptations et devrait aboutir très prochainement.