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Place limitée de la musique à la télévision

12e législature

Question écrite n° 12797 de M. Louis Souvet (Doubs - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 24/06/2004 - page 1370

M. Louis Souvet attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la place limitée de la musique à la télévision. Le but de la présente question écrite n'est pas de vouloir imposer à toute force dans les programmes des émissions de qualité notamment en matière musicale, mais de tirer les conclusions d'un état de fait bien affligeant. Pour éviter d'offrir la culture aux Français aux heures où majoritairement ils dorment pour reprendre les propos de Mme Catherine Clément dans son rapport intitulé " La nuit et l'été ", il convient de faire évoluer de façon significative les programmations. Les annonceurs y trouveraient leur compte car face à l'ineptie des programmes, de nombreux téléspectateurs qui le peuvent (abonnement satellite, câble), désertent les chaînes généralistes notamment celles du service public. D'autres titulaires des installations techniques ne regardent plus les programmes " grand public ". Le contournement de l'esprit du cahier des charges par les chaînes de service public n'est à terme bénéfique pour personne. Mme Catherine Clément recommandait de diffuser à des heures de grande écoute des événements artistiques d'importance, longtemps préparés à l'antenne et disposant d'un budget distinct de celui des unités de programmes. Se félicitant de la volonté exprimée par M. le ministre de la culture et de la communication de renforcer la place de la culture sur les chaînes publiques, il lui demande la suite qui sera réservée à ces propositions et souhaite que, outre les grands spectacles lyriques, des événements dont le succès et manifeste, comme " la folle journée de Nantes " ou " le festival de la Roque-d'Anteron " ou des concerts consacrés à de jeunes talents puissent bénéficier de ces dispositions.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 21/10/2004 - page 2391

L'honorable parlementaire appelle l'attention du ministre de la culture et de la communication sur la place de la musique à la télévision publique et sur les suites données au rapport de Mme Catherine Clément. De manière générale, le renforcement des missions de service public et l'amélioration de la qualité des programmes sont au coeur de la stratégie de développement du service public de l'audiovisuel. C'est dans cette perspective qu'a été engagée en 2003 la négociation d'un avenant au contrat d'objectifs et de moyens de France Télévisions. Dans ce cadre figure parmi les axes prioritaires l'approfondissement de l'offre de programmes de culture et de connaissance, notamment en matière de spectacle vivant, apportant ainsi une coloration plus spécifique à la programmation de France 2 et France 3, conformément à leurs missions de service public. Les principaux engagements pris par France Télévisions renforcent les obligations des cahiers des charges de France 2 et France 3 en fixant un minimum de diffusion de trente-cinq spectacles par an sur les chaînes du groupe France Télévisions. Depuis septembre 2001, le groupe France Télévisions est, d'ores et déjà, signataire d'un contrat pluriannuel avec l'Opéra de Paris pour diffuser la captation de spectacles lyriques et chorégraphiques. Le projet de loi de finances pour 2005 prévoit de doter France Télévisions des moyens nécessaires pour enrichir l'offre de programmes de France 2 et France 3 de nouvelles émissions de culture et de connaissance, parmi lesquelles la musique trouvera naturellement sa place. Dans le droit-fil des différentes pistes explorées dans le rapport de Mme Catherine Clément, France Télévisions devra renforcer la diffusion des programmes culturels en première partie de soirée. En outre, le ministre rappelle à l'honorable parlementaire que la Télévision numérique terrestre (TNT), qui sera lancée le 1er mars 2005, offrira une plus grande visibilité aux émissions musicales des chaînes publiques. En effet, France 5 et Arte bénéficieront chacune d'un canal numérique et seront donc diffusées 24 heures sur 24. En outre, le Gouvernement a choisi de diffuser en TNT la chaîne Festival, disponible aujourd'hui uniquement sur le câble et le satellite, et dont la programmation sera notablement enrichie, en particulier s'agissant de l'exposition du spectacle vivant.