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Laser mégajoule

12e législature

Question écrite n° 13813 de M. Louis Souvet (Doubs - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 23/09/2004 - page 2135

M. Louis Souvet attire l'attention de Mme la ministre de la défense sur le programme du laser mégajoule. Ce type d'appareil permettrait de réaliser en 2010 une mini expérience de l'explosion de la bombe H. Aux Etats-Unis, un tel programme est déjà plus avancé et, d'après certains spécialistes, les chances de réussite de cette expérience sont relativement faibles. Il demande par conséquent s'il est nécessaire, à deux ans d'intervalle, de procéder à un programme similaire.



Réponse du Ministère de la défense

publiée dans le JO Sénat du 25/11/2004 - page 2686

La France a signé et ratifié le traité d'interdiction des essais nucléaires. Elle a ainsi renoncé de manière définitive à recourir aux expérimentations nucléaires. En l'absence d'essais nucléaires, le programme Simulation mis en oeuvre par la France est développé pour apporter la garantie de la fiabilité et de la sûreté des armes françaises actuelles et futures. Dans ce cadre, le programme Laser Mégajoule (LMJ) doit permettre de créer, à très petite échelle, des conditions de sollicitation impulsionnelle des matériaux et des environnements, reproduisant au mieux certains phénomènes caractéristiques du fonctionnement d'une arme nucléaire. Les Etats-Unis ont lancé en 1993 la construction du laser NIF (National Ignition Facility). Bien que proches, les deux programmes se distinguent sur certains points. D'une part, la France a réalisé un prototype opérationnel depuis 2003, qui permet de valider les solutions technologiques retenues ; d'autre part, les performances énergétiques prévues pour le LMJ dépassent celles du NIF. Le programme LMJ bénéficie depuis son lancement d'une collaboration fructueuse et équilibrée avec le programme NIF dans le cadre d'un accord de coopération technologique signé en 1994 entre le Department of Energy et le CEA. Cet accord, qui ne remet pas en cause notre indépendance en matière de dissuasion nucléaire, a pour objectif de résoudre plus rapidement les problèmes techniques communs aux deux installations en vue d'en maîtriser les coûts de développement et de mise au point.