Allez au contenu, Allez à la navigation

Indice des prix à la consommation

12e législature

Question écrite n° 14346 de M. Michel Sergent (Pas-de-Calais - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 28/10/2004 - page 2431

M. Michel Sergent attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'indice des prix à la consommation. Sans vouloir remettre en cause la qualité du travail effectué par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), il n'en demeure pas moins que nombreux sont ceux qui contestent les chiffres qualifiés d'officiels. Les associations de consommateurs mais également les professionnels de la distribution estiment pour leur part une inflation masquée et donc non considérée par les services de l'État. La presse professionnelle elle-même a récemment fait état d'une hausse moyenne de 10 % sur l'ensemble des gammes vendues, avec des hausses vertigineuses pour certains produits de consommation courante. Un des premiers enseignements est donc qu'il faut se méfier de l'indice des prix global, car il ne permet pas de faire ressortir les hausses par produits. Alors, si l'indice global reste constant, bien que les prix de certains produits explosent, la logique voudrait que d'autres articles baissent. A première vue, les chiffres de l'INSEE confirment cette hypothèse avec des baisses importantes dans quelques domaines bien ciblés mais pas toujours perçues de la même manière par le consommateur. Dès lors, l'indice INSEE est avant tout un indice des prix rapporté à la qualité des produits et non pas un indice du coût de la vie, mesure à partir de laquelle le consommateur est beaucoup plus sensible. De la sorte et par voie de conséquence, il semblerait que le pouvoir d'achat effectif ait reculé de 1,1 % en 2003 ! Face à ce type de difficulté que rencontre le consommateur dans son appréhension du coût de la vie, il lui demande s'il ne juge pas opportun de modifier le mode de calcul de l'indice des prix ou tout au moins s'il ne convient de créer ou de mettre en avant un indice beaucoup plus fiable pour mesurer l'évolution des prix dans notre pays.



Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

publiée dans le JO Sénat du 19/05/2005 - page 1421

L'indice des prix à la consommation des ménages permet d'estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. Il est calculé par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) au moyen d'un échantillon de 180 000 prix relevés pour un ensemble fixe de biens et de services, complété par des données tarifaires, représentatif de l'ensemble des biens et services consommés par les ménages. Si l'indice des prix prend en compte le renouvellement des produits, il n'intègre pas, en revanche, les hausses de prix lorsqu'elles correspondent à une augmentation du « service rendu » par le produit. Il s'agit là d'un choix délibéré, conforme aux standards internationaux et à la réglementation européenne : par définition, l'indice des prix mesure l'évolution « pure » des prix des produits, c'est-à-dire à qualité et structure de consommation constantes. Cela implique que toute modification de prix liée à une modification de qualité doit être exclue de l'indice : par exemple, si un modèle de lave-vaisselle est remplacé par un autre, plus économe en énergie ou plus silencieux, une estimation économétrique en termes de prix de ces améliorations sera retirée pour le calcul de l'indice. Le débat sur l'inflation masquée s'est souvent focalisé sur les évolutions de prix de quelques produits, voire de marques particulières, sur des comparaisons de produits de qualité ou de gamme différente, etc. Ces chiffres ne peuvent donc être comparés directement à l'indice des prix. Le consommateur, lui, est, bien sûr, plus particulièrement sensible à certaines composantes de l'indice des prix - voire à certains produits particuliers de marques particulières - notamment l'alimentation, l'énergie, parfois le tabac, tous produits qu'il achète fréquemment. Ce fut particulièrement le cas après le passage à l'euro, quand le consommateur avait perdu ses références passées. Or certains de ces produits et services auxquels le consommateur est le plus attentif ont augmenté sensiblement plus vite que l'indice d'ensemble. A contrario, les prix d'autres produits, que les ménages consomment moins fréquemment, ont été beaucoup plus sages : ainsi, les biens d'équipement durables sont à la baisse. Au total, il faut toutefois souligner que même si l'achat d'une automobile n'est pas un acte quotidien, il n'en demeure pas moins qu'en moyenne la dépense correspondant à l'achat de véhicule est du même ordre que celle consacrée à un poste alimentaire comme la viande. Les deux postes contribuent donc de façon équivalente à l'indice. L'Insee publie parallèlement à l'indice d'ensemble des indices partiels, comme l'indice des produits alimentaires hors produits frais, et dont l'évolution reflète davantage la perception des ménages. En outre, à la demande du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, l'Insee publie mensuellement, depuis novembre 2004, un nouvel indice sur les produits achetés dans la grande distribution. Enfin, il faut rappeler que l'indice des prix à la consommation n'est pas un indice du coût de la vie, qu'aucun institut national ne publie d'ailleurs, faute de méthodologie reconnue. C'est encore moins un indicateur du pouvoir d'achat, notion qui inclut l'évolution des revenus, des transferts sociaux, des prélèvements obligatoires, etc. Il ne semble en tout état de cause pas souhaitable de changer la méthodologie de l'indice des prix à la consommation en tant qu'instrument de suivi de l'évolution des prix. Il respecte les standards méthodologiques internationaux et est reconnu internationalement pour sa qualité. Il convient aussi de ne pas attribuer à cet indice des fonctions ou des propriétés qu'il ne revendique pas. Il existe par ailleurs d'autres indicateurs répondant à d'autres besoins, comme ceux sur le pouvoir d'achat des ménages également produits régulièrement par l'Insee. Je viens d'annoncer par ailleurs lors de ma conférence de presse du 15 mars dernier la création d'un nouvel indicateur du « chariot-type » dont l'élaboration est en cours entre les services du ministère et les associations des consommateurs. Cet indicateur sera intégré dans le tableau de bord des indicateurs de progrès que je me suis engagé à suivre et à commenter régulièrement.