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Fonds de soutien à l'expression radiophonique

12e législature

Question écrite n° 14424 de M. Jean-Léonce Dupont (Calvados - UC)

publiée dans le JO Sénat du 04/11/2004 - page 2507

M. Jean-Léonce Dupont attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur les difficultés prévisibles des radios associatives non commerciales en raison, notamment, de la baisse du fonds de soutien à l'expression radiophonique (FSER). En effet, dans l'hypothèse de la poursuite d'encaissements de niveau équivalent d'ici le 31 décembre 2004, le total de la taxe collectée serait inférieur aux 22 431 500,00 euros inscrits dans la loi de finances 2004. Or, ce montant était déjà insuffisant pour permettre de reconduire en 2004 le montant des dépenses de 2003 qui s'élevait à 24,65 millions d'euros. Les radios associatives non commerciales accomplissent des missions essentielles de communication sociale de proximité que leur a confiées la loi. L'équilibre de ces radios est d'autant plus fragile qu'à la baisse du FSER, vient s'ajouter la diminution du nombre d'aides à l'emploi. Pour assurer la pérennité de ces radios dont on ne dira jamais assez le rôle social important qu'elles jouent, par exemple, pour la lutte contre les inégalités et les discriminations ou l'intégration des communautés d'origine étrangère, il lui demande quelles mesures il compte prendre pour combler le déficit 2004 du FSER, et pour garantir que tous les redevables s'acquittent bien de la taxe ?



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 13/01/2005 - page 101

L'honorable parlementaire appelle l'attention du ministre de la culture et de la communication sur l'avenir du fonds de soutien à l'expression radiophonique (FSER), en soulignant les difficultés financières auxquelles il est confronté. Depuis dix ans, le FSER a enregistré une explosion des dépenses, due à l'augmentation du nombre des radios éligibles (442 en 1993, 589 en 2004, soit une hausse de 33 %) et, surtout, aux relèvements excessifs du barème des subventions de fonctionnement. Ainsi, le total des subventions versées aux radios est passé de 14 millions d'euros en 1993 à 24,2 millions d'euros en 2003, soit une hausse de 73 %. Parallèlement, les recettes n'ont pas augmenté aussi rapidement et ont même connu une stagnation depuis 2001 en raison du plafonnement de la taxe sur la publicité diffusée par voie de radiodiffusion sonore et de télévision, qui alimente le compte d'affectation spéciale dédié au FSER. Ainsi, le déficit de recettes par rapport aux dépenses n'a cessé de croître : 1,8 million d'euros en 2001, 2,7 millions d'euros en 2002, 4,1 millions d'euros en 2003. Les aides du FSER ont été cependant pleinement honorées grâce à des produits exceptionnels et des revenus des exercices précédents. Aujourd'hui, cette marge de manoeuvre n'existe plus et le risque d'impasse financière appelle des mesures fortes. Du côté des recettes, il apparaît indispensable d'augmenter le rendement de la taxe, dont le produit est inférieur depuis trois ans à la prévision inscrite en loi de finances. C'est pourquoi, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 2005, le Gouvernement a soutenu un amendement parlementaire proposant d'ajouter six nouveaux paliers de taxation au barème de la taxe en vigueur pour la publicité télévisée. Cette mesure a été adoptée par le Parlement et prendra effet à compter du 1er janvier 2005. Elle limite les effets du plafonnement et crée les conditions d'une augmentation régulière du produit de la taxe. En ce qui concerne les dépenses, le versement des subventions d'équipement et des majorations de subventions de fonctionnement proposées par la commission du FSER au titre de 2004 demeure suspendu au niveau de recettes qui sera enregistré lors du dernier trimestre. En 2005, la commission du FSER appréciera s'il est nécessaire de réviser le barème des subventions de fonctionnement. De manière générale, il apparaît indispensable de revoir en profondeur les règles de fonctionnement du FSER afin d'optimiser l'utilisation du fonds. Une réflexion est en cours, qui devrait déboucher courant 2005, après consultation des organisations représentatives des radios associatives.