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Eradication des mines antipersonnel

12e législature

Question écrite n° 14535 de Mme Françoise Férat (Marne - UC-UDF)

publiée dans le JO Sénat du 11/11/2004 - page 2568

Mme Françoise Férat souhaite appeler l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur les inquiétudes suscitées par les interventions de la délégation française dans la perspective de la première conférence d'examen de la convention d'interdiction des mines antipersonnel. En effet, la France, pourtant des plus actives sur le plan diplomatique pour favoriser l'universalisation et la mise en oeuvre de la convention d'Ottawa, semble désormais adopter un positionnement moins marqué. Ainsi a-t-elle demandé, le 24 septembre dernier, à l'occasion de la réunion préparatoire du sommet de Nairobi, une reformulation du plan d'action, en des termes moins contraignants. Toute position minimaliste étant un véritable frein à l'éradication de cette arme aux terribles conséquences physiques et psychologiques, elle lui demande, par conséquent, de bien vouloir lui préciser les décisions qu'il envisage de prendre pour permettre à la France de conserver son rôle initial.



Réponse du Ministère des affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 03/02/2005 - page 281

Résolument engagée dans la lutte contre les mines antipersonnel, la France ne peut être qu'extrêmement sensible aux questions soulevées par la sénatrice s'agissant, en particulier, de l'importance qui s'attache à poursuivre les efforts en faveur de la mise en oeuvre universelle, pleine et efficace de la convention d'Ottawa sur l'interdiction totale des mines antipersonnel. Premier État membre permanent du Conseil de sécurité à avoir ratifié cet important traité, le 23 juillet 1998, la France l'a mis en oeuvre de façon exemplaire. Depuis 1996, elle a consacré plus de 13 millions d'euros et près de quatre fois plus dans le cadre européen à des actions de déminage et d'assistance aux victimes. Cinq millions d'euros supplémentaires seront alloués au continent africain à compter de 2005. L'essentiel des ressources dont dispose notre pays dans ces domaines est destiné à des programmes portés sur le terrain par Handicap international. Monsieur Xavier Darcos, ministre délégué à la coopération, au développement et à la francophonie, a eu l'occasion de rappeler avec force notre engagement lors de la première conférence d'examen de la convention d'Ottawa, qui s'est réunie à Nairobi, du 29 novembre au 3 décembre 2004. Un plan d'action ambitieux, auquel la France a pris une part active et appréciée, a été adopté à cette occasion. Il fixe pour les cinq années à venir les objectifs prioritaires à atteindre pour parvenir à un monde libéré du fléau des mines antipersonnel. L'universalisation de la convention d'Ottawa, qui accueille à ce jour 144 Etats parties, y figure parmi les toutes premières priorités, au même titre que la destruction des stocks, le déminage, l'assistance aux victimes, le renforcement de la coopération internationale et la mobilisation des ressources. Fidèle à ses engagements, la France est déterminée à poursuivre ses efforts en faveur de l'universalisation, la mise en oeuvre et le respect de la convention d'Ottawa. Elle entend continuer à assumer toutes ses responsabilités, dans l'esprit de partenariat et de dialogue qu'elle entretient avec les agences onusiennes impliquées et les organisations non gouvernementales fédérées sous la bannière de la campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel (ICBL-prix Nobel de la Paix 1997).