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Abolition de la chasse à courre

12e législature

Question écrite n° 15247 de Mme Sylvie Desmarescaux (Nord - NI)

publiée dans le JO Sénat du 23/12/2004 - page 2935

Mme Sylvie Desmarescaux attire l'attention de M. le ministre de l'écologie et du développement durable sur la pratique de la chasse à courre en France. En effet, selon un sondage IFOP, près de 75 % des Français interrogés y sont opposés, et l'Allemagne, la Belgique et, depuis peu, la Grande-Bretagne ont décidé de l'abolir. En Grande-Bretagne, la chasse à courre était pourtant une pratique ancestrale, profondément ancrée dans la culture et les traditions nationales. Mais le gouvernement britannique a préféré suivre la voie de la modernité en l'abolissant, répondant ainsi aux attentes d'une majorité de sa population. En conséquence, elle lui demande de bien vouloir lui indiquer ses intentions concernant l'abolition de la chasse à courre dans notre pays.



Réponse du Ministère de l'écologie et du développement durable

publiée dans le JO Sénat du 12/05/2005 - page 1349

Le ministre de l'écologie et du développement durable a pris connaissance, avec intérêt, des questions relatives à l'interdiction de la pratique de la chasse à courre en France. La chasse, au-delà des débats qu'elle peut susciter, demeure un moyen de maîtrise des populations d'animaux sauvages absolument essentiel pour l'équilibre écologique d'une immense majorité de milieux naturels. Il est ainsi prélevé plus de 440 000 sangliers chaque année et plus de 400 000 chevreuils et ces quantités sont encore insuffisantes pour assurer un équilibre satisfaisant avec les activités agricoles et forestières et avec la préservation de nombreux milieux naturels. Pour sa part, la vénerie ne prélève qu'une très faible portion des plans de chasse attribués annuellement pour les grands gibiers (environ 3 % pour les cervidés, 0,20 % pour le chevreuil). Cette part est infinitésimale pour les autres espèces comme le renard, le lièvre et le lapin. La chasse à courre ne fait que reproduire les modes de prédation sauvage et les rapports entre espèces au sein de la nature. La charte de la vénerie française adoptée en 2004 a rappelé les principes essentiels de ce mode de chasse répondant aux interrogations que se pose le grand public. En complément de la réglementation, elle vise à garantir une cohabitation paisible entre les veneurs et les autres usagers de la nature. La vénerie est très largement pratiquée dans d'autres pays comme l'Irlande, les Etats-Unis, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, et aucun d'entre eux n'envisage d'en interdire la pratique. Dans les travaux approfondis des trois dernières lois sur la chasse en 2000, 2003 et 2005, le Parlement s'est longuement penché sur les modes de chasse. A aucun moment il n'a, jusqu'à présent, envisagé d'interdire la pratique de la chasse à courre dans notre pays.