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Interdiction de la chasse à courre

12 ème législature

Question écrite n° 15454 de M. Bernard Piras (Drôme - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 13/01/2005 - page 61

M. Bernard Piras attire l'attention de M. le ministre de l'écologie et du développement durable sur l'interdiction de la chasse à courre en France. En effet, déjà interdite en Allemagne et en Belgique, cette pratique cruelle, condamnée par une forte majorité de Français, vient d'être abolie en Grande-Bretagne alors que dans ce pays elle était considérée jusqu'à présent comme une tradition ancestrale. Désormais notre pays est un des rares à ne pas avoir remis en cause la chasse à courre, alors que près des trois quarts des citoyens en souhaitent l'interdiction. Il lui demande de lui indiquer s'il n'entend pas rapidement mener cette réforme qui s'impose.



Réponse du Ministère de l'écologie et du développement durable

publiée dans le JO Sénat du 12/05/2005 - page 1349

Le ministre de l'écologie et du développement durable a pris connaissance, avec intérêt, des questions relatives à l'interdiction de la pratique de la chasse à courre en France. La chasse, au-delà des débats qu'elle peut susciter, demeure un moyen de maîtrise des populations d'animaux sauvages absolument essentiel pour l'équilibre écologique d'une immense majorité de milieux naturels. Il est ainsi prélevé plus de 440 000 sangliers chaque année et plus de 400 000 chevreuils et ces quantités sont encore insuffisantes pour assurer un équilibre satisfaisant avec les activités agricoles et forestières et avec la préservation de nombreux milieux naturels. Pour sa part, la vénerie ne prélève qu'une très faible portion des plans de chasse attribués annuellement pour les grands gibiers (environ 3 % pour les cervidés, 0,20 % pour le chevreuil). Cette part est infinitésimale pour les autres espèces comme le renard, le lièvre et le lapin. La chasse à courre ne fait que reproduire les modes de prédation sauvage et les rapports entre espèces au sein de la nature. La charte de la vénerie française adoptée en 2004 a rappelé les principes essentiels de ce mode de chasse répondant aux interrogations que se pose le grand public. En complément de la réglementation, elle vise à garantir une cohabitation paisible entre les veneurs et les autres usagers de la nature. La vénerie est très largement pratiquée dans d'autres pays comme l'Irlande, les Etats-Unis, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, et aucun d'entre eux n'envisage d'en interdire la pratique. Dans les travaux approfondis des trois dernières lois sur la chasse en 2000, 2003 et 2005, le Parlement s'est longuement penché sur les modes de chasse. A aucun moment il n'a, jusqu'à présent, envisagé d'interdire la pratique de la chasse à courre dans notre pays.